Décrété fin avril par le JNIM, le blocus annoncé autour de Bamako se traduit désormais par des blocages sur plusieurs axes routiers clés, affectant la circulation des personnes et des marchandises vers la capitale malienne.
La situation sécuritaire au Mali connaît une nouvelle intensification depuis l’annonce, le 30 avril, d’un blocus visant Bamako, attribué au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation liée à la mouvance jihadiste sahélienne.
Sur le terrain, cette stratégie se matérialise par des entraves progressives sur les principaux axes routiers reliant la capitale au reste du pays, avec une pression particulièrement marquée dans les régions occidentales.
Des routes vers Bamako de plus en plus sous contrainte
Si les départs depuis la capitale restent globalement possibles, les accès à Bamako depuis l’intérieur du pays deviennent nettement plus difficiles. Plusieurs corridors routiers sont concernés, notamment l’axe reliant Kita à la capitale, où des interruptions répétées ont été signalées.
Dans la ville de Kita, plusieurs centaines de voyageurs se retrouvent régulièrement immobilisés, faute de pouvoir poursuivre leur trajet. La situation a entraîné une mobilisation spontanée des habitants pour fournir assistance et produits de première nécessité aux passagers bloqués.
Plus à l’ouest, sur le corridor Kayes–Bamako, les perturbations touchent également le transport de marchandises. Des véhicules chargés de produits commerciaux restent immobilisés, affectant une zone stratégique proche de la frontière sénégalaise.
Une chaîne logistique progressivement désorganisée
Au-delà des déplacements individuels, les effets du blocage commencent à peser sur les flux commerciaux. Certains opérateurs de transport ont suspendu temporairement leurs liaisons internationales vers Bamako, notamment depuis Dakar et Abidjan, en raison des risques sécuritaires sur les axes terrestres.
Cette situation entraîne des tensions sur l’approvisionnement et oblige certains commerçants à ajuster leurs prix ou à écouler leurs stocks dans l’urgence.
Une stratégie de contrôle des axes par présence dispersée
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les groupes armés impliqués dans ces blocages opèrent souvent en petits effectifs, parfois réduits à quelques individus par zone.
Cette présence limitée mais mobile suffit toutefois à perturber durablement les corridors routiers, illustrant une stratégie d’occupation fragmentée des axes de circulation.
Une réponse officielle sous pression
Les autorités maliennes appellent au maintien du calme et affirment suivre l’évolution de la situation sur l’ensemble des axes concernés.
Mais sur le terrain, plusieurs responsables locaux estiment que la situation révèle une pression croissante sur la capitale, où la continuité des flux économiques et humains dépend de plus en plus de la sécurisation des routes nationales.
La Rédaction

