Chaque année, plus de 2,5 millions de jeunes rejoignent le marché de l’emploi dans l’espace UEMOA, un phénomène qui contribue à un taux de chômage élevé de 20,6% chez les 15-24 ans, a indiqué Mamadú Sérifo Jaquite, commissaire chargé du développement humain de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
Lors d’un dialogue régional avec la jeunesse sur le thème « Chemins d’avenir avec les jeunes pour le développement, la paix et l’intégration », le commissaire a rappelé que les jeunes représentent 60% de la population des 149 millions d’habitants de l’espace UEMOA. Il a souligné que plus de 85% des jeunes travaillent dans le secteur informel, souvent par nécessité, car le système économique et l’encadrement régional ne peuvent absorber toutes les demandes d’emploi.
« L’insuffisance des capacités d’absorption engendre un chômage persistant, touchant à la fois les diplômés et les jeunes issus des écoles de formation », a précisé M. Jaquite.
Le commissaire a également mis en avant une baisse du taux d’endettement des États membres, passé de 64,2% à 62,3% cette année, signe d’une gestion financière plus prudente.
Pour répondre à ces enjeux, l’UEMOA a mis en place un plan stratégique à l’horizon 2040, avec des impacts attendus dès 2030. Parmi les mesures phares, un fonds de soutien à la culture et aux industries créatives de 20 milliards de francs CFA a été prévu pour stimuler l’emploi et l’innovation chez les jeunes.
Fatou Sow Sarr, commissaire en charge du développement humain et des affaires sociales à la CEDEAO, a rappelé que ce dialogue vise à identifier les besoins spécifiques des jeunes dans chaque pays, pour élaborer un document de recommandations collectives pour 2026. Les panels prévus permettront aux jeunes de présenter leurs préoccupations et propositions, en vue de construire une politique jeunesse régionale cohérente.
Cet échange se tient dans le cadre de la première édition du Festival ouest-africain des arts et de la culture (ECOFEST), organisé par la CEDEAO et l’UEMOA avec le Sénégal, autour du thème « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? ». La manifestation réunit les délégations de 12 pays de la sous-région, à l’exception du Burkina Faso, du Mali et du Niger, et se poursuit jusqu’au 6 décembre.
La Rédaction

