Le gouvernement du Burkina Faso a lancé une importante opération de soutien agricole destinée aux populations déplacées ayant regagné les localités reprises aux groupes armés. L’initiative, dévoilée lundi à Kaya, représente un investissement estimé à plus de deux milliards de FCFA et doit bénéficier à plus de 100 000 personnes réinstallées à travers le pays.
Baptisé « Un village réinstallé, un motoculteur », le programme a été officiellement présenté dans une localité située à une dizaine de kilomètres de Kaya, dans le centre-nord du pays. Cette zone avait été abandonnée après les attaques jihadistes avant d’être progressivement réoccupée par ses habitants à la suite des opérations de sécurisation menées par les forces burkinabè.
Selon Amadou Dicko, plus de 13 000 ménages répartis dans 14 régions seront concernés par cette opération. Les autorités prévoient la distribution gratuite de 500 motoculteurs afin de faciliter les travaux agricoles et d’accélérer la reprise des cultures dans les villages réinstallés.
Le programme comprend également la mise à disposition de 1 950 tonnes d’engrais, notamment du NPK et de l’urée, ainsi que de 260 tonnes de semences améliorées destinées à soutenir les prochaines campagnes agricoles.
Pour les autorités burkinabè, l’objectif dépasse le simple soutien matériel. Il s’agit aussi de recréer des conditions de vie viables dans les territoires reconquis, où de nombreuses familles tentent de reconstruire leur quotidien après plusieurs années d’insécurité.
« Reconquérir les territoires est une étape, mais il faut aussi permettre aux populations d’y retourner dans des conditions dignes », a déclaré le ministre lors du lancement officiel de l’opération.
Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire marquée par les violences de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Les attaques ont provoqué le déplacement massif de centaines de milliers de personnes, bouleversant durablement l’économie rurale et les activités agricoles dans plusieurs régions du pays.
Avec cette nouvelle initiative, les autorités espèrent favoriser le retour progressif des populations déplacées tout en renforçant la sécurité alimentaire dans des zones longtemps paralysées par le conflit.
La Rédaction

