À Bamako, ce samedi 26 avril, l’inquiétude a laissé place à la résistance : une centaine de partis politiques maliens se sont unis pour dénoncer leur possible dissolution par la junte au pouvoir. Dans un contexte où toute voix critique est muselée, leur prise de parole publique a fait figure d’acte rare et courageux.
Réunis à la Maison de la presse, sous forte surveillance policière, les représentants des partis ont martelé leur attachement aux libertés fondamentales. « Les partis politiques ne sont pas le problème du Mali. Ils sont au contraire une partie de la solution », a souligné Youssouf Diawara, président du parti Yelema, dénonçant l’insécurité persistante, la vie chère et les défis sanitaires et éducatifs comme les véritables urgences du pays.
Pour la coalition, la menace de dissolution viole ouvertement la nouvelle Constitution, adoptée sous l’égide même des militaires, qui garantit la liberté d’association et d’expression politique. « Nous refusons toute instance visant à limiter ou dissoudre notre existence », a martelé Mountaga Tall, figure de proue de la mobilisation et président de la coalition.
Depuis deux semaines, des concertations pilotées par les autorités visent à mettre en place une “charte des partis”, dont l’une des propositions prévoit de réduire drastiquement le paysage politique pour ne conserver que quelques formations loyales à la junte. Une perspective inacceptable pour les partis mobilisés, qui dénoncent des concertations biaisées et une confiscation de l’espace politique.
La situation au Mali rappelle tristement celles du Burkina Faso et du Niger voisins, où les régimes militaires ont purement et simplement dissous les partis politiques, au mépris des principes démocratiques. Pourtant, rappellent les leaders maliens, le Mali dispose encore d’une Constitution en vigueur, contrairement à ces deux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Malgré leur défiance face à la junte, les partis ont tenu à exprimer leur solidarité avec l’armée nationale, signe d’un patriotisme assumé mais d’une volonté claire : défendre sans relâche les piliers démocratiques menacés.
Un meeting prévu le lendemain de la conférence de presse a été annulé par les autorités, signe supplémentaire des tensions croissantes entre pouvoir militaire et sphère politique civile.
La Rédaction

