Faute de financement, les cantines scolaires de 400 établissements maliens ont fermé leurs portes, laissant des milliers d’enfants sans repas. Une situation qui menace non seulement leur nutrition, mais aussi leur scolarisation, notamment dans les régions les plus vulnérables.
Une suspension aux lourdes conséquences
Dans un contexte de conflit et d’insécurité alimentaire, 112 000 élèves, majoritairement des filles, sont directement affectés par l’arrêt des repas scolaires. Pour beaucoup d’entre eux, ces repas constituaient leur seule source quotidienne de nourriture. Le risque d’abandon scolaire s’accroît, car de nombreux élèves parcouraient plusieurs kilomètres pour se rendre à l’école, motivés en partie par la garantie d’un repas sur place.
Dramane Traoré, responsable d’un comité de gestion scolaire, s’inquiète des répercussions : « Certains élèves viennent de villages situés à plus de dix kilomètres. Sans cantine, ils auront du mal à rester à l’école toute la journée. »
Des solutions locales pour pallier la crise
Face à cette urgence, des initiatives communautaires émergent. Dans certains villages, les familles s’organisent pour fournir des repas aux enfants, comme l’explique Boubacar Coulibaly, directeur d’un établissement à Bamako : « Autrefois, les villageois mettaient en place un système de rotation où plusieurs familles se relayaient pour nourrir les écoliers. »
Mais ces efforts restent insuffisants au regard de l’ampleur du problème. Le Programme alimentaire mondial et le Centre national des cantines scolaires lancent un appel à l’aide : plus de 17 millions de dollars seraient nécessaires pour relancer le programme et éviter une catastrophe éducative et nutritionnelle.
Sans une réponse rapide, la suspension des cantines pourrait aggraver l’insécurité alimentaire qui touche déjà 2,3 millions de Maliens. Une crise qui rappelle une dure réalité : sans soutien durable, l’avenir de milliers d’enfants est en danger.
La Rédaction

