Les artisans bijoutiers du Mali, porteurs d’un savoir-faire ancestral en or et en argent, se battent pour préserver leur métier face à une concurrence étrangère de plus en plus intense. Des bijoux importés à bas coût envahissent le marché, menaçant la survie de cette tradition transmise de génération en génération.
Parmi ces artisans, Astan Coulibaly se distingue comme une figure pionnière. Passionnée dès son plus jeune âge, elle a choisi de renoncer aux études classiques pour se consacrer entièrement à la bijouterie. “J’étais la seule femme dans ce métier au Mali,” affirme-t-elle fièrement, déterminée à surmonter les obstacles dans un domaine historiquement dominé par les hommes.
Malgré son expertise et celle de ses pairs, le secteur fait face à une crise sans précédent. La baisse du tourisme due à l’insécurité réduit les ventes, tandis que les importations massives de bijoux bon marché, notamment en provenance de Chine et de Dubaï, mettent en péril l’artisanat local. “La bijouterie malienne est étouffée par une concurrence déloyale,” déplore Aboubacar Coulibaly, président de la Société coopérative Djiguiya des bijoutiers de Bamako.
Face à cette situation, les artisans appellent à une prise de conscience nationale, encourageant les Maliens à choisir des bijoux locaux comme un acte de soutien au patrimoine culturel et économique du pays.
La Rédaction

