Madagascar se classe parmi les pays les plus touchés par la pauvreté multidimensionnelle, avec un taux atteignant 69 %, selon le dernier rapport « Macro Poverty Outlook » (MPO) de la Banque mondiale. Ce pourcentage place la Grande Île en cinquième position au niveau mondial pour la pauvreté multidimensionnelle, un indicateur qui évalue non seulement le revenu, mais aussi l’accès aux services de base comme la santé, l’éducation et les conditions de vie. Cette situation est décrite en détail dans la dernière édition du MPO publiée en octobre, ainsi que dans un rapport sur l’Évaluation de la pauvreté et de l’équité datant de février.
Une régression après des progrès
Le rapport souligne que le taux de pauvreté multidimensionnelle à Madagascar est passé de 76 % en 2008 à 67 % en 2018, illustrant une certaine amélioration sur la décennie. Cependant, entre 2018 et 2021, cette tendance positive a connu un revers, notamment en raison de la détérioration de l’accès à l’électricité et à une alimentation adéquate. Les multiples chocs économiques et climatiques qui ont frappé le pays ont contribué à cette régression, avec des impacts particulièrement marqués sur la nutrition dans les zones rurales et urbaines. Le retour de la malnutrition à des niveaux proches de ceux de 2008 a compromis les avancées précédemment enregistrées, même si une légère amélioration du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans a été observée.
Des défis structurels persistants
Le rapport met également en lumière les principales privations qui affectent la population. Près de 69 % des Malgaches n’ont pas accès à des combustibles de cuisson propres, tandis que 68 % n’ont pas accès à des systèmes d’assainissement améliorés. D’autres carences, telles que l’absence de logements sûrs (62 %), l’accès limité à l’électricité (55 %), à l’eau potable (53 %) et à une éducation de qualité (50 %), freinent également le développement humain et économique du pays.
Malgré des ressources naturelles significatives, Madagascar n’a pas réussi à transformer cet avantage comparatif en levier de croissance durable. L’économie du pays reste dominée par une agriculture à faible productivité, tandis que les secteurs extractifs, la construction et les travaux publics, qui ont été des moteurs de croissance, ont souffert des perturbations liées à la pandémie de Covid-19.
Les recommandations pour un avenir plus prometteur
Face à cette situation complexe, la Banque mondiale recommande plusieurs pistes pour réduire la pauvreté persistante et stimuler une croissance économique plus inclusive. Parmi les priorités, le renforcement de la gouvernance et l’amélioration du climat des affaires apparaissent essentiels pour attirer les investissements privés, en particulier ceux capables de résister aux effets du changement climatique. Par ailleurs, une accélération des réformes structurelles dans des secteurs stratégiques comme les mines et les télécommunications pourrait aider Madagascar à combler l’écart entre son capital humain et physique, contribuant ainsi à une croissance plus résiliente et équitable.
Madagascar se trouve à un carrefour crucial. Réduire la pauvreté multidimensionnelle demande des efforts soutenus et une stratégie claire pour exploiter pleinement son potentiel économique. Les réformes proposées, si elles sont mises en œuvre avec détermination, pourraient aider la Grande Île à surmonter les défis actuels et à tracer une voie vers un développement durable.
La Rédaction

