Un coup fatal porté à l’industrie textile locale, pivot de l’économie du royaume
Lesotho, 11 juillet 2025 — Le petit royaume du Lesotho vient de franchir une étape dramatique dans la spirale de crise qu’il traverse : face à l’effondrement de son industrie textile et la flambée du chômage, le gouvernement a officiellement déclaré l’« état de catastrophe nationale ». En cause, la politique protectionniste de Washington, qui a imposé des droits de douane massifs, jusqu’à 50 %, à ses partenaires commerciaux, y compris ceux parmi les plus vulnérables du continent africain.
Jusqu’ici, le Lesotho bénéficiait de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), un accord qui permettait à ses produits – en particulier les textiles – d’entrer sans droits de douane sur le marché américain. Ce régime préférentiel a été partiellement suspendu en avril par l’administration Trump dans un bras de fer commercial global, sans tenir compte des conséquences pour des économies structurellement dépendantes comme celle du Lesotho.
Effet domino sur l’emploi et la production
Le textile, principale source de devises du pays, s’effondre. Les usines qui produisaient en flux tendu pour les grandes marques américaines – notamment Levi’s – ferment les unes après les autres. L’annonce américaine a provoqué des annulations massives de commandes. Résultat : licenciements en cascade, gel des recrutements, et 40 000 emplois directement menacés.
Le ministère du Travail lesothan évoque un taux de chômage chez les jeunes qui dépassait déjà les 38 % en février dernier. La suspension de l’AGOA pourrait transformer cette crise sociale en instabilité structurelle. Le gouvernement redoute des troubles à venir si aucune solution diplomatique ou commerciale n’émerge.
Une double peine : économie et santé en péril
L’état de catastrophe nationale, décrété pour une durée initiale de deux ans, permet désormais aux autorités de débloquer des fonds d’urgence. Mais les marges de manœuvre sont étroites. Le pays souffre en parallèle des coupes dans l’aide américaine, notamment dans les programmes de lutte contre le VIH, qui reste une urgence de santé publique majeure dans le royaume.
Le Lesotho apparaît ainsi comme l’une des premières victimes collatérales d’un bras de fer commercial qui le dépasse, mais dont les conséquences sont dévastatrices à l’échelle locale. En s’attaquant frontalement aux régimes préférentiels des pays africains, Washington redessine les lignes d’une mondialisation où les plus fragiles risquent de payer le prix fort.
La Rédaction

