La colère monte au Mali après l’annonce de nouvelles taxes censées renflouer les caisses de l’État. Sur les réseaux sociaux, les critiques fusent contre une mesure jugée injuste et opaque.
Une contestation grandissante
L’ancien Premier ministre Moussa Mara a été parmi les premiers à dénoncer ces augmentations fiscales. Dans une vidéo publiée sur TikTok, il s’insurge : « Au lieu de faire peser ces charges sur la population, j’aurais préféré que les autorités montrent l’exemple en étant les premières à se sacrifier. Cette situation peut être perçue comme inadmissible par la population. »
Le rappeur Master Soumy a lui aussi exprimé son indignation sur Facebook : « On taxe la richesse du peuple et non sa misère. Taxez votre richesse d’abord. L’exemple doit venir d’en haut. »
Sur la plateforme X, des internautes dénoncent une gestion économique opaque et appellent à plus de transparence avant toute nouvelle ponction fiscale.
Une fiscalité accrue pour faire face aux tensions budgétaires
Face aux difficultés économiques, le gouvernement malien a adopté, lundi 10 février, une série d’ordonnances fiscales visant à accroître les recettes publiques. Objectif affiché : récupérer près de 200 milliards de F CFA en imposant davantage certains secteurs clés.
Les nouvelles mesures prévoient notamment une augmentation des taxes sur les transferts d’argent via mobile, les boissons alcoolisées et les entreprises de télécommunications. La taxe sur l’accès au réseau, payée par les opérateurs, passe ainsi de 5 à 7 % du chiffre d’affaires. En revanche, pour les services commerciaux des communications téléphoniques, comme l’achat de crédits, ce sont directement les consommateurs qui devront assumer l’augmentation.
Un argument de souveraineté économique
Le gouvernement justifie ces hausses par la nécessité d’asseoir une « véritable souveraineté économique » et de financer des projets d’infrastructures et de développement social. Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, a insisté sur l’importance d’investir une partie des recettes dans le secteur énergétique, notamment pour réduire les coupures d’électricité qui affectent régulièrement le pays, y compris la capitale.
Ces mesures s’inscrivent dans une dynamique plus large de reprise en main des ressources économiques du pays, après les réformes initiées dans le secteur minier. Mais alors que la grogne populaire s’intensifie, le gouvernement parviendra-t-il à convaincre de la légitimité de ces nouvelles taxes ?
La Rédaction

