La mairie du Golfe 4 maintient l’échéance de 18h ce 24 juin pour la libération des emprises du canal d’équilibre. Passé ce délai, les installations encore présentes sur les berges feront l’objet d’un dégagement d’office.
Sur les berges du canal de Hanoukopé, l’occupation du domaine public s’est progressivement installée au fil des années. Ateliers de soudure, étals commerciaux, dépôts de marchandises : une économie informelle s’est structurée dans des espaces initialement destinés à rester libres pour les besoins d’assainissement et de drainage. Cette situation, longtemps tolérée, se heurte désormais à une exigence de remise en conformité.
La municipalité du Golfe 4 a tranché. Malgré les demandes répétées de prorogation formulées par les occupants, aucune extension de délai n’a été accordée. L’échéance du 24 juin à 18 heures est maintenue. À partir de ce seuil, les services techniques municipaux sont autorisés à procéder au dégagement des emprises encore occupées.
Un ouvrage hydraulique sous contrainte avant la saison des pluies
Le canal d’équilibre de Hanoukopé occupe une fonction structurante dans le système de drainage de Lomé. Il agit comme un point de régulation des excès d’eaux pluviales dans une ville dont plusieurs zones sont exposées aux inondations récurrentes. Lorsque son débit est réduit, les conséquences se répercutent rapidement sur les quartiers environnants.
Or, l’infrastructure est aujourd’hui partiellement obstruée. L’accumulation de dépôts, les rejets non maîtrisés et la présence d’installations informelles sur les berges ont réduit les capacités d’écoulement et limité l’accès aux engins de curage. L’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP) attend la libération complète du site pour engager les travaux d’entretien lourds nécessaires avant le pic des précipitations.
Dans cette configuration, la contrainte est double : dégager l’espace pour permettre l’intervention technique, et intervenir avant que les conditions climatiques ne rendent l’opération plus complexe et plus risquée.
L’arbitrage entre économie informelle et impératif de sécurité publique
Pour la commune, la position repose sur un principe constant du droit public : l’occupation du domaine public ne confère aucun droit acquis. Les zones de servitude hydraulique relèvent d’un régime strict, justifié par la sécurité des personnes et la protection des infrastructures.
Cette décision intervient toutefois dans un contexte social sensible. Une partie des activités concernées relève de l’économie informelle, avec des implications directes sur les revenus de plusieurs ménages. La municipalité reconnaît cet impact, mais inscrit son action dans une logique de prévention des risques, estimant que la vulnérabilité aux inondations constitue un enjeu supérieur.
Une échéance décisive pour la gestion urbaine
L’échéance du 24 juin à 18 heures dépasse le seul cadre local. Elle constitue un test de capacité pour la gouvernance urbaine à faire appliquer des mesures structurelles de gestion des risques dans des espaces fortement urbanisés.
Si les emprises sont libérées, l’ANASAP pourra engager les opérations de curage et de remise en état du canal. Dans le cas contraire, les autorités municipales ont déjà indiqué que l’exécution forcée serait mise en œuvre dans le cadre réglementaire en vigueur.
Dans les deux scénarios, l’issue de cette séquence dira autant sur l’état des infrastructures que sur la capacité de la ville à arbitrer entre urgence environnementale et réalités socio-économiques.
La Rédaction

