Le quartier de Liberdade, situé dans la métropole brésilienne de São Paulo, est le foyer de la plus grande communauté japonaise hors du Japon. Mais ce lieu, aujourd’hui synonyme de culture nippone, porte une autre mémoire, celle d’une population noire qui a marqué son histoire bien avant la vague d’immigration japonaise, au début du 20e siècle.

Autrefois, bien avant l’indépendance du Brésil en 1822, Liberdade était un quartier principalement habité par des Afro-Brésiliens. Si aujourd’hui, l’influence japonaise domine, l’héritage noir du quartier persiste, bien que discrètement. À peine visible, une petite statue sans piédestal, posée directement sur le sol, représente Madrinha Eunice, la fondatrice de la première école de samba de São Paulo, un témoignage unique de l’héritage afro-brésilien. Pourtant, dans un coin souvent ignoré du quartier, Marilia Marz, une jeune Brésilienne noire passionnée par la culture japonaise, souligne un phénomène inquiétant : l’effacement de la mémoire noire, un processus qui dépasse les frontières du Brésil et qui semble toucher plusieurs cultures à travers le monde.

Ainsi, Liberdade n’est pas seulement un carrefour de cultures, mais aussi un lieu de réflexion sur les tensions entre les héritages historiques et leur préservation dans un monde où les mémoires populaires sont parfois effacées au profit de nouvelles identités culturelles.
La Rédaction

