Les gouvernements militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont fermement rejeté le délai de six mois accordé par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour revenir sur leur décision de quitter l’organisation régionale. Dans un communiqué publié dimanche, ils ont dénoncé cette mesure comme une « tentative de déstabilisation » orchestrée par des acteurs extérieurs.
Ces trois pays, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), sont dirigés par des juntes hostiles à l’influence française. Ils avaient annoncé en janvier leur volonté de se retirer de la CEDEAO, qu’ils accusent d’être manipulée par l’ancienne puissance coloniale.
Lors d’un sommet tenu récemment à Abuja, la CEDEAO a décidé de leur accorder un délai de six mois pour reconsidérer leur décision. Cependant, l’AES, dans un communiqué signé par Assimi Goïta, chef de la junte malienne, a déclaré que cette initiative vise à « permettre à la junte française et à ses alliés de poursuivre leurs actions de déstabilisation contre l’AES ». Le texte accuse également certains dirigeants de la CEDEAO d’imposer « des agendas étrangers » au détriment des intérêts des peuples.
Une médiation difficile
Le Sénégal et le Togo, jouant les médiateurs, tentent de convaincre le Mali, le Niger et le Burkina Faso de réintégrer l’organisation régionale. Cependant, les tensions restent vives entre ces pays et la CEDEAO, particulièrement depuis que les trois États ont expulsé les forces françaises et ont renforcé leur coopération militaire et politique avec d’autres puissances, comme la Russie.
Les autorités de l’AES, souvent critiques envers Paris, accusent la France de chercher à freiner leur « dynamique d’émancipation ». Cette alliance se concentre désormais sur des initiatives visant à contenir les attaques de groupes jihadistes, tout en consolidant leur autonomie sur la scène internationale.
La Rédaction

