Les Gabonais se sont exprimés en faveur de la nouvelle Constitution lors du référendum organisé récemment. Selon les chiffres annoncés par le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, 91,80 % des votants ont choisi le « oui », tandis que 8,20 % ont opté pour le « non ». La participation s’est établie à 53,54 %.
Ce vote approuve une réforme majeure qui inaugure la IIᵉ République au Gabon. Sur les 463 066 électeurs ayant pris part au scrutin, aucune province n’a accordé moins de 80 % au « oui ». Les scores les plus bas ont été enregistrés dans l’Ogooué-Maritime (83 %) et l’Estuaire (85 %), où se situe la capitale Libreville. En revanche, le Woleu-Ntem, historiquement proche de l’opposition, s’est démarqué par un soutien massif de 98 %.
Une réforme controversée
La campagne référendaire a été marquée par des débats animés. De nombreux opposants dénonçaient une Constitution conçue pour consolider le pouvoir du général Brice Oligui Nguema, arrivé à la tête du pays après le coup d’État du 30 août 2023.
La nouvelle loi fondamentale prévoit un régime présidentiel renforcé. Le chef de l’État, élu pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois, concentrera l’essentiel des pouvoirs exécutifs. Le poste de Premier ministre sera supprimé, et le président pourra dissoudre l’Assemblée nationale une fois durant son mandat. Le Parlement, en contrepartie, disposera du droit de le mettre en accusation devant la Haute Cour de justice.
Pour briguer la présidence, les candidats devront avoir entre 35 et 70 ans et être nés d’au moins un parent gabonais. Une clause interdit également qu’un parent du président en exercice puisse lui succéder, renforçant l’idée d’une alternance politique.
Résultats préliminaires et validation à venir
Le réseau ROC, composé d’observateurs de la société civile, a surveillé plus d’un tiers des bureaux de vote. Selon leurs conclusions, aucun incident majeur ni fraude significative n’a été relevé.
Les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur restent provisoires. La Cour constitutionnelle devra valider ces données et se prononcer sur d’éventuels litiges électoraux avant de proclamer les résultats définitifs.
La Rédaction

