De nombreux lacs artificiels en Afrique, vestiges d’anciennes carrières ou constructions, illustrent la négligence et l’inaction face aux défis environnementaux et sécuritaires qu’ils posent aux populations riveraines. Ces plans d’eau, souvent situés en périphérie des grandes villes, témoignent de l’urbanisation rapide et non maîtrisée, et deviennent des symboles de pollution et de dangers.
La formation de ces lacs résulte souvent d’extractions industrielles, comme l’exemple du lac Nzeng Ayong à Libreville, qui provient d’une ancienne carrière de clinker. Avec le temps, ces plans d’eau se remplissent naturellement et s’étendent, sans que les autorités n’interviennent pour en réguler l’usage ou sécuriser les abords. Les populations, en l’absence d’alternatives, transforment ces espaces en décharges à ciel ouvert, où s’accumulent bouteilles plastiques, déchets ménagers et épaves diverses, augmentant le risque de maladies et de pollution des sols.
Le danger physique de ces lacs est tout aussi préoccupant. L’absence de clôtures ou de mesures de sécurité met les enfants et autres riverains en grand péril, et les cas de noyade ne sont pas rares. À travers le continent, des témoignages similaires émergent : des sites abandonnés, où des engins de chantier et des objets volumineux demeurent sous les eaux, servant de rappel silencieux de l’inaction passée.
Les initiatives pour aménager ces lacs existent souvent sur le papier, avec des plans prometteurs de transformation en espaces verts, d’infrastructures de loisir ou d’activités économiques durables. Cependant, la mise en œuvre de tels projets est trop souvent retardée ou complètement absente. Des projets budgétés à des milliards de Francs CFA, dollars ou autres devises restent suspendus, victimes de lenteurs administratives et de manque de volonté politique.
Cette situation appelle à une prise de conscience accrue et à des actions concertées. Les lacs urbains en Afrique, loin d’être des lieux de détente et de développement, demeurent trop souvent des zones de risques et de négligence. Une meilleure gestion et un investissement dans l’aménagement durable de ces espaces contribueraient non seulement à protéger les populations mais aussi à valoriser le potentiel économique et écologique de ces plans d’eau. L’avenir de ces lacs, et par extension des communautés qui y vivent, dépend de décisions courageuses et rapides des autorités locales et nationales à travers le continent.
La Rédaction

