Après la cession de sa branche Olam Agri à Salic, le géant singapourien pivote vers la transformation alimentaire tout en jetant une brèche dans l’infrastructure cacao ouestafricaine.
Le 22 avril 2025, Olam International a achevé la vente de sa division Olam Agri au fonds saoudien Salic, marquant le point de départ d’une profonde réorientation. Le groupe singapourien, longtemps pilier du négoce en Afrique, recentre désormais ses moyens sur OFI (Olam Food Ingredients), son pôle de transformation d’ingrédients – cacao, huile de palme, épices – destiné aux grandes marques mondiales.
En misant sur la transformation à forte valeur ajoutée, Sunny Verghese, cofondateur et PDG, cherche à améliorer les marges face aux coûts croissants du trading brut et aux risques politiques. OFI, déjà implantée en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigeria, incarne cette ambition : investir dans la R&D pour des variétés de cacao durables, optimiser les processus industriels et renforcer les certifications durables.
Pour l’Afrique de l’Ouest, cette mutation soulève des défis : Olam Agri assurait la collecte, le stockage et la logistique de milliers de coopératives, infrastructures essentielles à la filière. Avec son retrait, la modernisation des entrepôts et la digitalisation des chaînes d’approvisionnement pourraient ralentir, fragilisant les revenus des planteurs.
Les États et acteurs locaux se mobilisent : coopératives ivoiriennes et ghanéennes tissent des alliances pour mutualiser les coûts logistiques, startups blockchain se positionnent sur la traçabilité, et fonds d’impact social préparent des financements verts pour soutenir la transition vers une culture plus résiliente.
Reste à voir si ces initiatives, conjuguées à l’appui d’OFI dans la formation et les contrats long terme, suffiront à combler le vide laissé par Olam Agri. Pour Sunny Verghese, l’objectif est clair : piloter une chaîne du cacao plus rentable et durable, tout en conservant un ancrage africain, même allégé.
La Rédaction

