En Tanzanie, une percée scientifique pourrait changer la lutte contre le paludisme. Des chercheurs ont créé des moustiques transgéniques résistants au Plasmodium, le parasite responsable de la maladie, capables de supplanter les populations sauvages. Cette approche repose sur le principe du « gene drive », ou forçage génétique, qui favorise la transmission d’un gène spécifique dans une population.
Depuis 2015, date à laquelle les premiers moustiques génétiquement modifiés ont été développés au Royaume-Uni et aux États-Unis, l’attention de la communauté scientifique et des régulateurs s’est tournée vers l’Afrique. Le continent représente en effet 95 % des 597 000 décès dus au paludisme recensés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2023.
Pour que cette technologie puisse être déployée, plusieurs conditions sont nécessaires : former les scientifiques locaux, informer et consulter les populations, et convaincre les décideurs politiques. Si les premiers tests sur le terrain confirment l’efficacité et la sécurité de ces moustiques transgéniques, le gene drive pourrait devenir un outil majeur dans l’éradication du paludisme, une maladie qui continue de faire des ravages à travers l’Afrique.
Cependant, cette technique suscite également des interrogations éthiques et environnementales. Les critiques pointent le risque d’effets imprévus sur les écosystèmes et insistent sur la nécessité de régulations strictes et de recherches approfondies avant tout déploiement à grande échelle.
La Rédaction

