Condamné à 20 ans de réclusion pour son rôle dans les massacres du 28 septembre 2009 à Conakry, l’ancien chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, aurait quitté la Guinée dans la nuit de dimanche à lundi. Selon son entourage, il se rendrait au Maroc pour y recevoir des soins médicaux, quelques jours après avoir été gracié par le général Mamadi Doumbouya.
Un départ discret après la grâce présidentielle
L’ancien homme fort de Conakry, qui avait dirigé la Guinée de décembre 2008 à décembre 2009, avait été reconnu coupable de « responsabilité de commandement » dans le massacre perpétré au stade du 28-Septembre, au cours duquel plus de 150 manifestants avaient trouvé la mort. Son procès, longtemps attendu, avait abouti à une lourde peine de réclusion prononcée en avril 2024. Mais le 28 mars 2025, le président de transition Mamadi Doumbouya a signé une grâce présidentielle en sa faveur, invoquant des raisons de santé.
Cette mesure avait suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique guinéenne et parmi les familles des victimes, pour qui justice restait incomplète. Le capitaine à la retraite, âgé de 60 ans, se trouvait toujours en détention, bien qu’en soins dans une clinique militaire, jusqu’à son départ présumé vers l’étranger.
Destination : le Maroc, selon ses proches
L’information reste à confirmer officiellement, mais plusieurs sources proches de l’ex-chef de la junte affirment qu’il aurait quitté le territoire guinéen dans la nuit du 13 au 14 avril. Le Maroc est évoqué comme destination probable, bien que les autorités n’aient fait aucune déclaration à ce sujet. La discrétion autour de ce voyage pourrait être liée à la sensibilité politique du dossier, alors que le nom de Dadis Camara reste associé à l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente du pays.
Son éventuel séjour à l’étranger relance les interrogations sur l’avenir du procès du 28-Septembre, toujours en cours pour plusieurs coaccusés. Il pose également la question de la place laissée à l’impunité dans le processus de justice transitionnelle en Guinée.
La Rédaction

