Le réchauffement climatique intensifie les risques pesant sur certaines espèces de poissons, menaçant leur survie. Une étude, publiée le 29 août 2024, révèle que le danger d’extinction pour ces espèces pourrait être cinq fois plus important que les estimations de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Les océans, riches en biodiversité, sont aujourd’hui gravement menacés par les activités humaines, telles que la pêche intensive et la pollution. Une étude récente, menée par le CNRS et publiée dans la revue *PLOS Biology*, souligne que la situation est encore plus critique que ce qui est généralement admis. D’après cette recherche, 12,7 % des espèces marines sont en danger d’extinction, bien au-delà des 2,5 % indiqués par l’UICN.
Une évaluation largement sous-estimée
Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont fait appel à une intelligence artificielle capable de prédire les risques d’extinction des espèces marines. Ce modèle a notamment pris en compte 4 992 espèces « insuffisamment documentées » par l’UICN, qui n’ont pas encore de statut de conservation officiel faute de données suffisantes. En croisant ces informations avec celles de 13 195 autres espèces, en se basant sur des critères tels que leurs caractéristiques biologiques, leur répartition géographique et les usages humains, l’IA a révélé des chiffres alarmants.
Les résultats montrent que près de 78,5 % des espèces marines insuffisamment documentées sont en réalité menacées, contrairement aux seules 334 espèces identifiées par l’UICN. En outre, le nombre d’espèces non considérées comme menacées a également augmenté, passant de 7 869 à 10 451.
Des zones critiques nécessitant une protection urgente
L’étude a également mis en lumière des régions spécifiques où les espèces marines sont particulièrement en danger. Parmi ces zones à haut risque, on trouve la mer de Chine méridionale, la mer des Philippines, les côtes australiennes, la mer de Célèbes et certaines parties de l’Amérique du Nord. Les espèces menacées dans ces régions se caractérisent principalement par une aire de répartition géographique limitée, une grande taille corporelle et un faible taux de croissance, selon les chercheurs.
Bien que les modèles prédictifs ne puissent remplacer les évaluations directes de l’UICN, les experts estiment que l’intelligence artificielle offre une opportunité précieuse pour évaluer les risques d’extinction et obtenir une vue d’ensemble plus précise des espèces menacées. Ils recommandent ainsi de renforcer les efforts de conservation, notamment par la création de nouvelles réserves marines, afin de protéger ces espèces nouvellement identifiées comme en danger.
La Rédaction

