L’utilisation des couches jetables connaît une croissance fulgurante à travers l’Afrique. Pour les familles, elles offrent commodité et gain de temps, allégeant le quotidien des parents. Cependant, leur adoption massive pose un défi environnemental et sanitaire de taille : la gestion de ces déchets non biodégradables.
Un problème mal quantifié
Dans des pays comme le Ghana, le Kenya ou le Nigeria, les données manquent pour évaluer précisément l’ampleur du phénomène. Pourtant, une étude menée à partir des dépenses des ménages a révélé que près de 960 millions de couches jetables y sont utilisées chaque année, principalement dans les zones urbaines.
Malheureusement, plus de la moitié de ces déchets (514 millions de couches) sont abandonnés dans des décharges sauvages, brûlés ou enterrés de façon anarchique, souvent faute de services de collecte des ordures. Ces pratiques exposent les populations, notamment les jeunes enfants, à des risques accrus de maladies comme les diarrhées et les infections parasitaires, tout en aggravant la pollution des sols et des eaux.
Un fardeau pour l’environnement
Les couches jetables, composées de polymères super-absorbants et de plastiques non biodégradables, restent dans l’environnement pendant des décennies. En les jetant dans la nature ou dans les latrines, les ménages aggravent les blocages des systèmes d’assainissement et la pollution des cours d’eau. Leur incinération à basse température est également problématique, générant des gaz polluants.
Au-delà de ces impacts locaux, les couches jetables illustrent un défi global : comment faire évoluer les comportements et les infrastructures pour une gestion responsable de ces déchets ?
Des solutions innovantes émergent
Les pistes pour valoriser ces déchets sont prometteuses. En Afrique du Sud, un projet pilote a démontré que même des ménages à faibles revenus acceptaient de trier les couches usagées pour faciliter leur collecte. De telles initiatives pourraient être adaptées ailleurs pour créer des filières de recyclage efficaces.
En Europe, des programmes de recyclage transforment déjà les couches en ressources exploitables. L’incinération à haute température, utilisée dans certains pays, permet de récupérer de l’énergie pour d’autres usages. Toutefois, cette méthode reste controversée en raison des émissions de gaz à effet de serre qu’elle engendre.
Quelle stratégie pour l’avenir ?
Pour résoudre ce problème, plusieurs actions s’imposent :
•Renforcer les infrastructures de collecte dans les zones mal desservies, en ciblant les points critiques identifiés par les enquêtes ménagères.
•Promouvoir la recherche sur des matériaux biodégradables et des technologies de recyclage adaptées aux contextes locaux.
•Encourager l’économie circulaire, en valorisant les déchets de couches comme source d’énergie ou de matières premières.
Enfin, il est crucial de sensibiliser les communautés sur les dangers liés à une élimination non maîtrisée de ces déchets. Une mobilisation collective et des solutions adaptées à chaque pays permettront de transformer ce défi en opportunité, limitant ainsi l’impact de ces 960 millions de couches sur la santé et l’environnement en Afrique.
La Rédaction

