À partir du 1er octobre, le café et le cacao togolais entreront dans une nouvelle campagne de commercialisation. Lancée à Kpalimé, au cœur d’une région où ces deux cultures conservent un poids économique et identitaire important, la saison 2026-2027 s’ouvre avec une ambition claire : mieux organiser la filière, restaurer sa compétitivité et répondre à des marchés devenus plus exigeants.
La campagne a été officiellement lancée le 4 septembre par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, à l’initiative du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).
Le démarrage effectif des opérations commerciales est fixé au 1er octobre sur l’ensemble du territoire. Cette nouvelle séquence intervient après une campagne 2025-2026 marquée par un net recul des exportations, avec 2 576 tonnes de café expédiées contre 4 313 tonnes un an plus tôt, et 8 841 tonnes de cacao contre 24 625 tonnes.
Une campagne qui ne se jouera pas seulement sur les volumes
Le redressement attendu ne dépendra pas uniquement de la quantité produite. La filière doit aussi améliorer la collecte, la commercialisation, la fiabilité des données et l’organisation des acteurs.
Le gouvernement veut notamment renforcer les mécanismes de traçabilité et de contrôle des conditions de production. Une partie des producteurs a déjà été identifiée, tandis que la géoréférenciation progressive des parcelles se poursuit.
Ces démarches répondent aussi aux nouvelles exigences du commerce international, notamment celles liées aux produits associés à la déforestation. Pour les opérateurs togolais, cela signifie qu’un lot de café ou de cacao devra de plus en plus être accompagné d’informations précises sur son origine et son mode de production.
Dans le Kloto, une culture qui dépasse l’économie
À Kpalimé et dans le Grand Kloto, café et cacao ne sont pas seulement des produits agricoles destinés à l’exportation. Ils font partie de l’histoire économique locale et restent étroitement associés à l’identité de la région.
Le maire de Kloto 1, Atigaku Kossi Afelete, a d’ailleurs rappelé leur rôle comme levier de développement local. Le CCFCC insiste de son côté sur la nécessité d’une meilleure organisation des producteurs afin de rendre la commercialisation plus efficace et de consolider les chaînes de valeur.
Cette orientation s’inscrit dans les Plans de développement des filières café et cacao, qui visent à renforcer la production, la transformation, l’emploi rural et la compétitivité à l’horizon 2030.
Pour la campagne qui s’ouvrira le 1er octobre, l’enjeu sera donc double : retrouver une dynamique commerciale plus solide tout en adaptant les filières togolaises aux nouvelles règles du marché international. Dans le Kloto, région historique du café et du cacao, cette nouvelle saison dira aussi si ces cultures peuvent conserver leur place dans l’économie rurale tout en changeant de modèle.
La Rédaction

