Du 14 au 19 juillet 2026, le Festival d’Avignon accueille une nouvelle édition du cycle de lectures « Ça va, ça va le monde ! », porté par RFI. Chaque matin, des textes venus d’Afrique, des Caraïbes et du monde arabe sont portés à voix haute dans la Cour du musée Calvet, transformée en espace de circulation des écritures contemporaines.
Un rendez-vous littéraire devenu un marqueur du Festival d’Avignon
Installé depuis plusieurs années dans le paysage du Festival d’Avignon, le cycle de lectures « Ça va, ça va le monde ! » s’impose comme un espace singulier dans la programmation officielle. Loin des grandes scènes théâtrales, il propose une forme plus directe : celle de la lecture publique, où le texte est donné dans sa nudité, sans mise en scène lourde.
Du 14 au 19 juillet 2026, chaque matin à 11h, la Cour du musée Calvet accueille ces lectures gratuites, qui font dialoguer écritures dramatiques contemporaines et enjeux politiques, sociaux ou intimes des sociétés représentées.
Selon la présentation du dispositif, ce cycle constitue un lieu de découverte d’auteurs et autrices du monde francophone, où les récits abordent fréquemment des thématiques liées aux fractures contemporaines : conflits, héritages coloniaux, violences sociales ou tensions politiques.
Claudia Munyengabe : une fiction de la fracture et du lien
Parmi les textes présentés figure Reste de la dramaturge burundaise Claudia Munyengabe. L’œuvre s’inscrit dans une dramaturgie du basculement, où les trajectoires individuelles sont directement exposées aux déséquilibres du monde contemporain.
Le récit met en scène deux sœurs jumelles liées par un secret, confrontées à une crise environnementale et politique qui reconfigure leurs rapports et leur rapport au réel. Cette tension entre intimité et catastrophe collective constitue le cœur du texte, qui explore la manière dont les événements globaux pénètrent les structures familiales et psychologiques.
Dans sa version scénique, la lecture met en valeur cette écriture de l’interstice : celle où la parole devient un lieu de survie autant qu’un espace de dévoilement.
Un dispositif de circulation des écritures du Sud
Conçu et coordonné par RFI, le cycle fonctionne comme un laboratoire de mise en voix. Les textes sont lus par des interprètes professionnels et de jeunes comédiens, dans une forme qui privilégie l’écoute et la transmission directe.
L’enjeu n’est pas seulement esthétique. Il s’agit aussi de rendre visibles des écritures peu présentes dans les circuits théâtraux dominants, en leur offrant une scène internationale au cœur du Festival d’Avignon.
Le dispositif, diffusé également sur les antennes de RFI et en ligne, prolonge ainsi la portée du festival au-delà du public présent sur place, en direction d’un auditoire mondial.
Une dramaturgie du monde contemporain
L’ensemble des textes programmés dans cette édition s’inscrit dans une même logique : celle d’une écriture ancrée dans le réel. Les pièces abordent des thématiques récurrentes comme les conflits, les déséquilibres sociaux, les héritages coloniaux ou les violences politiques.
Cette orientation confirme la place du cycle comme espace de résonance des tensions contemporaines, où la littérature devient un outil d’interprétation du monde plutôt qu’un simple objet artistique.
La Rédaction
Sources
- Festival d’Avignon – programmation officielle « Ça va, ça va le monde ! » (édition 2026)
- Présentation du cycle et fonctionnement RFI / Avignon
- Dossier texte « Reste » de Claudia Munyengabe – Festival d’Avignon
- Présentation générale du cycle RFI « Ça va, ça va le monde ! »

