Entre inscriptions massives, mobilisation sur les réseaux sociaux et initiatives culturelles, le pays cherche à inverser la faible participation des jeunes à l’approche des élections générales.
Une campagne nationale pour élargir le corps électoral
Le Kenya a lancé en début de semaine une vaste campagne d’inscription sur les listes électorales en vue des élections générales de l’année prochaine. Pilotée par la Commission électorale indépendante et des frontières (IEBC), l’opération s’étendra sur 30 jours et vise, dans un premier temps, l’enrôlement d’au moins 2,5 millions de nouveaux électeurs, avec un objectif global de 6,3 millions, dont une large majorité de jeunes.
Une mobilisation portée par les réseaux sociaux
Face à une jeunesse souvent désengagée, une initiative citoyenne baptisée #NikoKadi (« J’ai ma carte d’électeur ») s’impose progressivement comme un levier d’attractivité. La campagne s’appuie sur des formats numériques viraux, notamment sur TikTok, mais aussi sur des incitations concrètes comme des réductions commerciales pour les nouveaux inscrits ou encore l’organisation d’un concert en mai réservé aux détenteurs d’une carte électorale.
Une jeunesse majoritaire mais peu mobilisée
Malgré son poids démographique, la jeunesse kényane reste sous-représentée dans le corps électoral. Lors des élections de 2022, le taux de participation a atteint son niveau le plus bas depuis 15 ans. Selon la Fondation Kofi Annan, les jeunes représentaient seulement 39,8 % des électeurs inscrits en 2017, un chiffre en baisse.
Entre apathie et stratégies de mobilisation
Pour les initiateurs de la campagne, le principal défi reste l’apathie politique. L’activiste Ademba Allans, à l’origine de l’initiative, estime toutefois que la mobilisation progresse, tout en reconnaissant la difficulté à reconnecter une partie de la jeunesse à la vie politique.
Sur le terrain, certaines méthodes de sensibilisation prennent des formes plus directes. Velma Omondi, 22 ans, raconte avoir exigé de deux amis qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales sous peine de couper les liens, une approche qui, selon elle, s’est révélée efficace.
Un enjeu démocratique majeur
Au-delà des initiatives numériques et culturelles, cette campagne met en lumière un enjeu structurel : la capacité du Kenya à réintégrer sa jeunesse dans le processus démocratique. À l’approche des élections générales, la mobilisation des nouveaux électeurs apparaît comme un facteur déterminant de la participation politique future.
La Rédaction

