Les autorités de l’Est de la Libye ont stoppé lundi la production et les exportations de pétrole dans un bras de fer de plus en plus tendu avec le gouvernement rival de Tripoli pour le contrôle de la Banque Centrale, qui est au cœur de la gestion de la manne pétrolière.
Depuis 2011 et après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi, la Libye est gouvernée par deux exécutifs rivaux. Le Gouvernement d’union nationale d’Abdelhamid Dbeibah installé à Tripoli et reconnu par l’ONU à l’Ouest et l’autre dans l’Est soutenu par le maréchal Haftar allié de la Russie.
Dans la journée du lundi, le gouvernement de l’Est de Benghazi a décrété « la fermeture de tous les gisements et terminaux pétroliers » ainsi que l’arrêt des exportations jusqu’à nouvel ordre. Ceci en riposte à l’entrée dans les locaux de la Banque Centrale de Libye (BCL) à Tripoli d’une commission dite de passation de pouvoirs, qui est nommée par le Conseil présidentiel et réputée proche de Dbeibah.
Dans la foulée de l’annonce des autorités de l’Est libyen, les cours du pétrole ont bondi de 3 %, le 26 août. Les marchés s’inquiètent, car le pays est un des principaux producteurs du continent. La Libye est même, depuis le mois d’avril, le premier producteur en Afrique, une place de numéro 1 qu’elle a ravi au Nigeria. En juillet, le pays a en effet produit près de 1,2 million de barils par jour. Les hydrocarbures représentent la quasi-totalité des revenus fiscaux du pays.
La Rédaction

