Le 30 mars sensibilise à un trouble mental encore méconnu et appelle à renforcer la prise en charge et la lutte contre la stigmatisation
Chaque année, le 30 mars, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale des troubles bipolaires. Cette date correspond à la naissance du peintre néerlandais Vincent van Gogh, souvent associé, à titre posthume, à des troubles de l’humeur. L’objectif de cette journée est de mieux faire connaître le trouble bipolaire, de lutter contre les idées reçues et d’encourager un meilleur accès aux soins.
Un trouble complexe et encore mal compris
Le trouble bipolaire est une affection mentale caractérisée par des variations importantes de l’humeur, alternant entre des phases d’excitation (manie ou hypomanie) et des épisodes dépressifs. Ces fluctuations peuvent profondément affecter la vie quotidienne, les relations sociales et la stabilité professionnelle des personnes concernées.
Contrairement aux perceptions courantes, il ne s’agit pas de simples changements d’humeur, mais d’un trouble médical nécessitant un diagnostic précis et un suivi à long terme.
Un enjeu mondial de santé publique
Des millions de personnes vivent avec un trouble bipolaire à travers le monde, souvent sans être diagnostiquées ou correctement prises en charge. Le manque d’information, la stigmatisation et l’insuffisance des structures spécialisées constituent des obstacles majeurs.
Pourtant, avec un traitement adapté, combinant suivi médical et accompagnement psychologique, il est possible de stabiliser la maladie et d’améliorer la qualité de vie des patients.
Au Togo et en Afrique : un système en construction face aux défis de la santé mentale
Au Togo, la prise en charge des troubles mentaux, dont le trouble bipolaire, reste confrontée à des contraintes structurelles, notamment un nombre limité de spécialistes et d’infrastructures dédiées. Les données disponibles montrent pourtant une prévalence significative des troubles mentaux dans certaines zones du pays, confirmant l’ampleur des besoins en matière de santé mentale.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont engagé une structuration progressive du secteur. Un Plan stratégique national de santé mentale 2024-2027 a été validé, avec pour objectifs le renforcement de la prévention, l’amélioration de la prise en charge et l’intégration des soins de santé mentale dans le système de santé général. Ce plan prévoit également le développement des ressources humaines spécialisées et la lutte contre la stigmatisation.
Parallèlement, des partenariats avec des organisations internationales et des ONG permettent de soutenir des actions de recherche, de sensibilisation et de prise en charge, notamment dans les régions les plus vulnérables.
À l’échelle africaine, les défis restent similaires, avec des systèmes de santé mentale encore en développement, un accès inégal aux soins et un besoin important de sensibilisation. Le renforcement des politiques publiques et des capacités locales apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la prise en charge des troubles mentaux sur le continent.
Briser le silence, améliorer la prise en charge
La Journée mondiale des troubles bipolaires rappelle que la santé mentale est un enjeu majeur, encore trop souvent marginalisé.
Informer, sensibiliser et renforcer les dispositifs de prise en charge sont des étapes indispensables pour permettre aux personnes concernées de vivre dans la dignité, avec un accompagnement adapté et sans discrimination.
La Rédaction

