À l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, les autorités du Myanmar ont procédé jeudi à la destruction de substances illicites d’une valeur estimée à près de 300 millions de dollars.
À Yangon, la capitale économique du pays, un immense bûcher de drogues, dont la valeur dépasse les 117 millions de dollars, a été réduit en cendres lors d’une cérémonie publique. La scène, spectaculaire, a réuni plusieurs responsables des forces de l’ordre, dont le général de brigade Sein Lwin, qui a précisé la nature des substances incinérées : opium, héroïne, méthamphétamine, marijuana, kétamine et crystal meth (également appelée “ice”).
Des cérémonies similaires ont été organisées à Mandalay et Taunggyi, capitale de l’État Shan, une région montagneuse de l’est du pays connue pour ses laboratoires clandestins. Selon la police de Naypyitaw, capitale politique du Myanmar, la valeur totale des drogues détruites s’élève à 297,95 millions de dollars.
Ces incinérations surviennent alors que les Nations unies alertent sur des niveaux record de production de méthamphétamine dans l’État Shan. En mai dernier, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) avait tiré la sonnette d’alarme : le Myanmar, malgré ses campagnes de répression, est désormais le premier producteur mondial d’opium, devant l’Afghanistan.
Malgré les démonstrations publiques de destruction de stupéfiants, le “Triangle d’or” – à cheval entre le Myanmar, le Laos et la Thaïlande – reste un épicentre du trafic en Asie du Sud-Est, alimenté par l’instabilité politique et les intérêts des groupes armés locaux.
La Rédaction

