Chaque 25 mai, l’Afrique prend la parole. Mais en 2025, c’est dès le 19 mai que le Togo a fait entendre sa voix, en anticipant la célébration continentale par une cérémonie empreinte de mémoire, d’engagement et de culture. À Lomé, comme ailleurs sur le continent, la Journée de l’Afrique devient plus qu’une date : un espace vivant de revendications, d’espoirs et de fraternité.
Commémorer l’unité, raviver le panafricanisme
Créée en 1963 à Addis-Abeba avec la fondation de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) – devenue Union africaine (UA) en 2002 – la Journée de l’Afrique rend hommage à cette volonté commune des peuples africains de rompre avec l’héritage colonial pour bâtir une union libre et solidaire.
En 2025, à Lomé, le ministère togolais des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et des Togolais de l’extérieur a placé cette commémoration sous le signe du vivre-ensemble, de la justice et des réparations. Une cinquième édition marquée par un événement haut en symboles, organisé sous la vision de SEM Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, fidèle au cap panafricain inscrit dans la diplomatie togolaise.
Célébration et réflexion : un double souffle
La cérémonie anticipée du 19 mai a conjugué richesse culturelle et enjeux géopolitiques. Des danses traditionnelles aux expositions gastronomiques animées par les différentes communautés africaines présentes au Togo, l’événement a mis en lumière la diversité comme socle de l’unité africaine.
Mais cette journée n’était pas qu’un temps de fête. Une conférence-débat, prévue le 23 mai à l’Université de Lomé, abordera le thème central retenu par l’Union africaine pour l’année 2025 :
« Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par les réparations ».
Un thème qui fait écho à une avancée historique portée par le Togo : la reconnaissance par l’Union africaine de l’esclavage, de la déportation et de la colonisation comme crimes contre l’humanité et génocide contre les peuples d’Afrique. Une décision arrachée de haute lutte, qui ouvre désormais la voie à une justice réparatrice attendue depuis des siècles.
Le Togo, au cœur du renouveau africain
Ce positionnement fort du Togo n’est pas anodin : le pays accueillera en décembre 2025 le 9e Congrès panafricain, autour du thème :
« Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des institutions multilatérales : mobiliser les ressources et se réinventer pour agir ».
La conférence-débat du 23 mai sera donc l’un des premiers jalons de cette dynamique intellectuelle et politique. Elle permettra d’approfondir la question des réparations, de réfléchir à la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale et de tracer les contours d’une nouvelle ambition collective.
Une Afrique qui ne quémande pas, mais qui construit
Cette Journée de l’Afrique 2025, à Lomé comme ailleurs, incarne une Afrique consciente de son histoire, fière de sa culture et déterminée à faire reconnaître ses droits. Elle refuse l’oubli, elle exige des comptes, mais surtout, elle rassemble pour inventer l’avenir.
La Rédaction

