Alors que la guerre à Gaza entre dans son 22e mois, la colère gronde aussi au cœur d’Israël. Ce vendredi, des centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Jaffa, ville historiquement mixte et symbole de cohabitation, pour réclamer la fin immédiate du conflit et l’ouverture sans conditions d’un corridor humanitaire vers la bande de Gaza.
Une mobilisation citoyenne contre la faim et le siège
Scandant “Les enfants de Gaza meurent” et “Arrêtez d’affamer Gaza”, les manifestants ont dénoncé une situation humanitaire jugée catastrophique. Parmi eux, Mohammad Mahamid, une figure engagée de la société civile, a lancé :
“650 000 enfants de Gaza meurent de faim. Une personne saine d’esprit peut-elle accepter cela ? Aujourd’hui, nous nous levons pour dire non à cette injustice.”
Cette manifestation intervient dans un contexte d’impasse diplomatique. Les derniers pourparlers entre Israël et le Hamas, organisés cette semaine à Doha, ont échoué jeudi 24 juillet, en dépit de pressions internationales croissantes.
Une négociation en panne, une famine en marche
Le représentant du Hamas, Bassem Naïm, a indiqué vendredi qu’une délégation israélienne devrait retourner à Tel Aviv pour consultations, laissant entendre qu’un nouveau round de négociations pourrait s’ouvrir au début de la semaine prochaine. Mais le climat est tendu.
La déclaration du Hamas survient alors que les États-Unis viennent de retirer temporairement leur équipe de médiation du Qatar. Steve Witkoff, envoyé spécial du président Donald Trump, a jugé la réponse du Hamas “sans volonté réelle de trêve”.
Pendant ce temps, sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer. Plus de vingt pays occidentaux et plus de cent ONG ont appelé à la fin des hostilités et à la levée du blocus israélien, dénonçant un modèle d’acheminement de l’aide trop restrictif. Certaines de ces organisations affirment que même leur personnel sur place n’a plus accès à suffisamment de nourriture.
Israël face à sa propre conscience
Les protestations à Jaffa témoignent d’une fracture morale au sein même de la société israélienne, où une partie de la population refuse désormais de se taire. À travers cette mobilisation, c’est aussi une pression intérieure qui s’exerce sur le gouvernement Netanyahu, confronté à une contestation rare autour de sa gestion de la guerre.
Alors que les négociations s’enlisent et que la crise humanitaire atteint des seuils dramatiques, une certitude s’impose : le silence ne fait plus l’unanimité en Israël.
La Rédaction

