Face à la pollution étouffante et aux risques sismiques accrus de Téhéran, le gouvernement iranien lance une idée radicale : déplacer la capitale vers la côte de Makran, au bord de la mer d’Oman. Mais ce mégaprojet soulève des doutes, tant sur le plan financier qu’environnemental.
Téhéran, l’une des capitales les plus polluées au monde, semble vivre ses dernières années sous une pression insoutenable. La pollution de l’air, les embouteillages constants et le danger d’un séisme dévastateur ont conduit les autorités iraniennes à envisager une solution drastique : déplacer la capitale. Mais au lieu de se concentrer sur des mesures locales pour assainir la ville, le gouvernement propose de déménager les institutions et la population vers la côte de Makran, dans le sud-est du pays, à quelques kilomètres de la frontière avec le Pakistan.
Cette région, aujourd’hui semi-désertique et quasi-déserte, est loin d’être prête à accueillir des millions de personnes. Avec des températures qui dépassent les 40°C l’été, un terrain aride et une infrastructure quasi inexistante, Makran semble être un choix risqué, voire irréaliste. Toutefois, le gouvernement iranien a vu en cette zone un potentiel inexploité, notamment grâce à son port stratégique de Chabahar, essentiel pour les échanges commerciaux avec l’Inde et la région.
Si le projet bénéficie du soutien de certains milieux politiques, il n’en reste pas moins très controversé. Le coût d’un tel déménagement est faramineux, et la construction d’une nouvelle capitale poserait des problèmes logistiques colossaux. De plus, la région est vulnérable aux effets du changement climatique, avec une montée des eaux qui pourrait rapidement remettre en question la viabilité de ce plan.
Outre les préoccupations écologiques, l’idée d’un tel projet soulève des inquiétudes économiques. Le pays, déjà frappé par des sanctions économiques internationales, a-t-il les moyens financiers d’une telle aventure ? Et dans un contexte d’instabilité, où la population fait face à des difficultés quotidiennes, un tel projet pourrait-il vraiment répondre aux besoins urgents du pays ?
Dans ce contexte, le déplacement de la capitale semble plus un mirage qu’une véritable solution. Entre une région mal préparée et des coûts exponentiels, cette initiative pourrait se transformer en un échec retentissant, mais elle reflète surtout une volonté de contourner les problèmes internes plutôt que de les résoudre de manière pragmatique.
La Rédaction

