Une révision constitutionnelle adoptée à large majorité
Le Cameroun franchit une étape importante dans l’évolution de son architecture institutionnelle. Réunis en congrès, députés et sénateurs ont adopté, samedi, le projet de loi introduisant la création d’un poste de vice-président au sein de l’exécutif.
Porté par le parti au pouvoir et déjà validé en commission, le texte a été adopté à une écrasante majorité. Cette réforme constitutionnelle marque un tournant après plusieurs décennies de fonctionnement sans vice-présidence dans l’organisation du pouvoir exécutif.
Une nouvelle configuration du pouvoir exécutif
La nouvelle disposition permet désormais au président de la République de désigner un vice-président. Ce changement introduit un mécanisme inédit dans le système politique camerounais, en redéfinissant les équilibres au sommet de l’État.
Si les autorités présentent cette réforme comme une évolution institutionnelle, elle suscite déjà de nombreuses interrogations quant à ses implications pratiques, notamment en matière de succession et de continuité du pouvoir.
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Une opposition vent debout contre la réforme
La veille de l’adoption du texte, l’opposant Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), avait vivement critiqué cette révision constitutionnelle.
Dans une déclaration publique, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel », estimant que cette modification pourrait ouvrir la voie à une désignation unilatérale d’un successeur par le chef de l’État.
Maurice Kamto a également annoncé le lancement d’une pétition nationale visant à mobiliser l’opinion publique contre cette réforme.
En toile de fond, la question de la succession
Pour une partie de l’opposition, cette réforme s’inscrit dans un contexte marqué par les incertitudes autour de la succession du président Paul Biya, au pouvoir depuis plusieurs décennies.
Selon cette lecture, la création du poste de vice-président offrirait au chef de l’État une marge de manœuvre accrue pour organiser la transition du pouvoir selon ses propres modalités.
Du côté du pouvoir, aucune communication officielle ne lie explicitement cette réforme à la question successorale.
Une réforme qui reconfigure le paysage institutionnel
Au-delà des controverses politiques, l’introduction d’un poste de vice-président constitue une transformation structurelle du système institutionnel camerounais.
Elle pourrait redéfinir durablement les mécanismes de gouvernance et les rapports de pouvoir au sommet de l’État, tout en ouvrant une nouvelle séquence politique dans le pays.
La Rédaction

