Le gouvernement israélien a officiellement approuvé ce samedi un accord de cessez-le-feu avec le groupe militant Hamas, prévu pour entrer en vigueur dimanche matin à 06h30 GMT. Cette trêve marque un tournant potentiel dans un conflit qui dure depuis plus de 15 mois et offre un espoir de répit aux civils de Gaza, tout en modifiant les dynamiques de la guerre en cours.
Après plusieurs heures de discussions intenses, l’accord a été ratifié par le cabinet israélien. Il inclut, en plus du cessez-le-feu, la libération d’otages détenus par Hamas et de prisonniers palestiniens détenus en Israël. Un premier groupe d’otages devrait être libéré dans l’après-midi, avec trois femmes prévues pour rejoindre Israël grâce à l’intervention de la Croix-Rouge.
Une première phase cruciale
L’accord s’étendra sur plusieurs étapes, dont la première commencera dès dimanche et s’étendra sur six semaines. Durant cette période, un échange d’otages aura lieu, avec la libération de 33 Israéliens — incluant des femmes, des enfants et des personnes malades — en échange de la libération de près de 2 000 Palestiniens emprisonnés en Israël, y compris des membres de groupes militants.
Les termes de l’accord prévoient que pour chaque otage féminin libéré, 30 prisonniers palestiniens seront renvoyés à Gaza. L’accord prévoit également des libérations supplémentaires chaque semaine, avec de nouveaux échanges d’otages attendus tous les sept jours.
Des tensions au sein du gouvernement Israélien
Bien que le cabinet israélien ait validé l’accord, celui-ci a suscité une vive opposition au sein de la coalition gouvernementale. Certains ministres, notamment de l’aile dure, ont critiqué ce geste, le qualifiant de capitulation face au Hamas. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a menacé de démissionner si l’accord était appliqué, bien qu’il ait précisé qu’il ne souhaitait pas provoquer la chute du gouvernement. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a également exprimé des réserves, affirmant qu’Israël devait reprendre la guerre après la première phase du cessez-le-feu.
Une aide humanitaire cruciale
Le cessez-le-feu intervient dans un contexte humanitaire désastreux à Gaza. La région fait face à des pénuries alimentaires, médicales et de carburant, exacerbées par le conflit. Dans le cadre de l’accord, l’acheminement d’aide humanitaire sera intensifié, avec des convois internationaux prêts à franchir la frontière pour fournir de la nourriture, des médicaments et d’autres biens essentiels.
L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé que 4 000 camions d’aide, dont la moitié sont chargés de nourriture, sont prêts à entrer dans Gaza pour soulager la population. Les civils de Gaza, en particulier dans le sud, espèrent que cette trêve marquera la fin des longues heures passées dans des files d’attente pour obtenir un peu de nourriture.
Le conflit en contexte
Depuis l’attaque surprise du Hamas le 7 octobre 2023, Israël a mené une offensive militaire massive contre Gaza, tuant plus de 46 000 personnes et forçant des millions de civils à fuir. Si cet accord est respecté, il pourrait constituer un tournant important, offrant une bouffée d’air aux civils gazaouis et ouvrant la voie à une désescalade dans un conflit qui a dévasté la région.
Si la trêve tient, elle pourrait également avoir des répercussions au-delà de Gaza, désamorçant les tensions avec d’autres acteurs régionaux comme l’Iran, le Hezbollah et les milices armées irakiennes, tout en offrant un espoir de réconciliation plus large au Moyen-Orient.
La Rédaction

