Dimanche, la Guinée connaîtra un moment historique : le pays élira son président pour la première fois depuis le coup d’État militaire de 2021 qui avait porté le général Mamadi Doumbouya au pouvoir. Plus de 6,7 millions d’électeurs sont attendus dans les 24 000 bureaux de vote répartis sur l’ensemble du territoire, et les résultats officiels devraient être connus dans les 48 heures suivant le scrutin.
Derniers jours de campagne
Jeudi, le Palais du Peuple de Conakry a accueilli le dernier grand rassemblement de campagne du général Doumbouya. Le chef de la junte, candidat à un mandat présidentiel de sept ans, a rappelé ses engagements pour le développement du pays, la modernisation des infrastructures et le renforcement de la sécurité.
L’ambiance était moins intense que lors des élections précédentes, la mobilisation populaire étant limitée par l’éviction des principaux opposants. « Je suis ici pour soutenir Mamadi Doumbouya pour sa gentillesse et toutes les opportunités qu’il a offertes aux personnes dans le besoin », explique Mariame Kourouma, venue affirmer son soutien au candidat sortant.
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Une opposition présente mais fragile
Face à Doumbouya, Abdoulaye Yero Baldé, ancien ministre de l’Éducation sous le président Alpha Condé, représente la principale alternative. Mohamed Lamine Bangoura, un de ses partisans, rappelle son engagement passé contre un troisième mandat de Condé : « Quand Alpha Condé a demandé à Yero Baldé de se joindre à lui pour un troisième mandat, celui-ci a refusé, affirmant qu’il fallait respecter la démocratie et se limiter à deux mandats ».
Malgré cette image de défenseur de la démocratie, Baldé affronte un désavantage considérable face à Doumbouya, dont le contrôle des institutions et la visibilité médiatique dominent la scène politique.
Des enjeux sociaux et économiques au cœur du vote
La Guinée, riche en ressources minières, reste confrontée à de profondes inégalités : plus de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté et fait face à une insécurité alimentaire persistante. Les promesses de Doumbouya, centrées sur le développement économique, la modernisation des infrastructures et une nouvelle constitution adoptée lors d’un référendum boycotté par l’opposition, constituent le principal argument de sa campagne pour séduire les électeurs.
L’attention nationale et internationale tournée vers le scrutin
Avec plus de 6,7 millions d’électeurs attendus dans les 24 000 bureaux de vote, le pays retient son souffle tandis que le processus électoral se déroule. Les résultats officiels sont attendus dans les 48 heures suivant le scrutin, offrant une première indication sur la direction politique que prendra la Guinée après près de quatre ans de transition militaire. L’attention internationale reste également forte, la communauté mondiale suivant de près le déroulement du vote dans un contexte où stabilité et démocratie sont des enjeux cruciaux pour le pays et la région.
La Rédaction

