La Guinée amorce une étape clé de sa transition avec l’annonce d’un référendum constitutionnel prévu pour le 21 septembre 2025. Une décision qui, loin d’apaiser les tensions, ravive les critiques sur la gestion du pouvoir par le général Mamadi Doumbouya.
Un calendrier précipité ?
Quatre ans après le renversement d’Alpha Condé, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) tente de redorer son image en fixant une échéance claire pour le retour à l’ordre constitutionnel. L’annonce, faite par décret présidentiel, intervient alors que la pression internationale s’intensifie sur la junte au pouvoir. Pourtant, certains acteurs politiques dénoncent une décision précipitée, davantage dictée par la nécessité de calmer les critiques que par une véritable volonté démocratique.
Un processus électoral sous surveillance
Le gouvernement a déjà commencé à recevoir du matériel électoral, incluant des outils de biométrie pour sécuriser le fichier électoral. Officiellement, cette modernisation vise à garantir des élections transparentes et inclusives. Mais dans un pays où la méfiance envers les autorités est ancrée, cette réforme suscite autant d’espoirs que de doutes.
Une transition verrouillée ?
Si Mamadi Doumbouya a plusieurs fois assuré qu’il ne briguerait pas la présidence, des proches du pouvoir poussent en faveur de sa candidature. En parallèle, plusieurs figures de l’opposition sont toujours en exil ou en détention, ce qui alimente les accusations d’un processus biaisé. « La Guinée est dirigée comme une monarchie absolue, sans dialogue », dénonce l’opposant Lansana Faya Millimouno.
Ce référendum marquera-t-il réellement le retour de la démocratie, ou ne sera-t-il qu’un jalon supplémentaire dans une transition sous contrôle ? L’avenir politique de la Guinée se joue désormais sur une ligne de crête.
La Rédaction

