Le Cadre Permanent de Concertation (CPC) se retrouve ce lundi 26 mai pour une session déterminante, à moins de deux mois des élections municipales prévues le 10 juillet.
Sous la présidence de Mohamed Tchassona Traoré, le CPC entend faire le point sur les engagements pris lors des précédentes sessions et avancer vers un processus électoral plus crédible et consensuel. Plateforme nationale de dialogue politique, le Cadre regroupe gouvernement, partis politiques (majorité, opposition, extraparlementaires) et société civile. Sa vocation : prévenir les tensions, construire des compromis et garantir un minimum de confiance dans les scrutins à venir.
Un dialogue encadré, mais pas sans limites
Depuis la dernière réunion, certaines avancées ont été enregistrées. La réduction de la caution électorale — divisée par deux — répond à une demande pressante des partis d’opposition et devrait faciliter la participation de formations aux ressources limitées. De même, la régulation des frais pour les certificats de résidence (plafonnés à 5 000 F.CFA) constitue un geste symbolique en faveur de l’équité.
Mais ces concessions techniques ne suffisent pas à calmer les critiques. Deux dossiers majeurs, bien plus politiques, restent en suspens. D’une part, la recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), dont le mandat a expiré depuis 2023, cristallise les tensions. L’absence de renouvellement alimente la méfiance, notamment au sein de l’opposition, qui redoute une gestion partisane du scrutin.
D’autre part, le financement public de la campagne électorale, actuellement plafonné à 500 millions F.CFA, est jugé très insuffisant. À l’approche de la campagne officielle, prévue le 24 juin, cette enveloppe apparaît dérisoire face aux enjeux logistiques et à la nécessité d’assurer une visibilité équitable aux différentes forces en lice.
Un test pour la transparence électorale
À l’heure où les acteurs politiques appellent à un élargissement du dialogue et à des réformes de fond, le CPC reste perçu à la fois comme une avancée et un révélateur de blocages persistants. Les débats ne pourront se cantonner aux seuls aspects techniques. C’est bien l’équité du jeu démocratique, sa lisibilité et son accessibilité, qui se trouvent au cœur des exigences formulées.
L’efficacité du Cadre dépendra donc de sa capacité à dépasser les arrangements ponctuels pour aborder les déséquilibres structurels du système électoral. Pour l’opposition, le test est clair : sans Céni renouvelée ni financement revalorisé, les municipales risquent d’être perçues comme biaisées dès le départ.
La session du 26 mai pourrait ainsi marquer un tournant. Soit le dialogue avance sur les points sensibles, soit il s’enlise dans des compromis formels qui n’endigueront ni les critiques, ni les suspicions.
La Rédaction

