La première flambée connue de mpox en Guinée-Bissau reste limitée en nombre de cas confirmés, mais un indicateur préoccupe particulièrement les autorités sanitaires : la moitié des cas suspects recensés concernent des enfants de moins de 15 ans. À quelques semaines de la rentrée scolaire, l’UNICEF appelle à renforcer rapidement la surveillance pour éviter que des chaînes de transmission passent inaperçues.
La moitié des cas suspects concerne des moins de 15 ans
Sur les 46 cas suspects enregistrés, 23 concernent des enfants âgés de moins de 15 ans. Parmi eux, 16 ont entre 0 et 4 ans. Cette concentration chez les plus jeunes attire l’attention en raison du risque plus élevé de complications dans certaines populations infantiles.
Une précision est cependant essentielle : au 17 août, sept cas avaient été confirmés en laboratoire et ils concernaient tous des adultes. Six ont été identifiés dans le secteur autonome de Bissau et un dans la région voisine de Biombo. Aucun décès n’a été signalé.
La Guinée-Bissau avait officiellement confirmé sa première flambée de mpox début juillet. Dans son premier bilan couvrant la période du 4 au 20 juillet, l’UNICEF signalait déjà des capacités limitées pour les investigations de terrain, la recherche des contacts et la confirmation des cas en laboratoire, ainsi que la possibilité d’une transmission non détectée.
La rentrée scolaire ajoute une nouvelle inconnue
L’attention se tourne désormais vers septembre et la réouverture des établissements scolaires. La multiplication des contacts entre enfants pourrait compliquer la maîtrise de la flambée si des infections non détectées circulent déjà dans les communautés.
Cette hypothèse préoccupe d’autant plus les acteurs sanitaires que les premiers cas confirmés ne semblent pas tous reliés entre eux. L’absence de liens épidémiologiques clairement identifiés peut indiquer que certaines chaînes de transmission échappent encore au dispositif de surveillance.
Pour la Guinée-Bissau, l’enjeu consiste donc moins à répondre à une flambée déjà massive qu’à empêcher une situation encore contenue de prendre de l’ampleur.
Détecter les cas avant que le virus ne gagne du terrain
Le ministère de la Santé travaille avec l’OMS, l’UNICEF et d’autres partenaires pour renforcer la recherche des contacts, les investigations, la prévention des infections et l’information des populations.
Dès juillet, le dispositif national prévoyait notamment le suivi pendant 21 jours des contacts identifiés, l’isolement et la prise en charge de malades dans des structures dédiées ainsi que l’élaboration d’un plan national de réponse au mpox.
Les familles sont appelées à consulter en cas d’éruption cutanée accompagnée notamment de fièvre ou de ganglions enflés, tout en évitant les contacts rapprochés avec une personne présentant des symptômes suspects.
L’expérience d’autres pays africains explique la vigilance particulière accordée aux enfants. Lors des précédentes flambées régionales, l’UNICEF avait déjà souligné leur forte représentation parmi les malades dans plusieurs pays et appelé au renforcement des systèmes sanitaires, de la prévention et de l’information des communautés.
Pour la Guinée-Bissau, les prochaines semaines seront donc déterminantes. La priorité est désormais de savoir si la forte proportion d’enfants parmi les cas suspects traduit une circulation réelle du virus dans cette population ou si les analyses permettront d’écarter une partie de ces suspicions avant la rentrée.
La Rédaction
Source : (UNICEF)

