La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a rejeté, ce jeudi 26 juin 2025, les requêtes introduites par l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et l’ex-Premier ministre Guillaume Soro. Tous deux dénonçaient des violations de leurs droits civils et politiques après avoir été exclus de la liste électorale en raison de leurs condamnations judiciaires.
Des recours jugés infondés ou irrecevables
Saisie en 2020, la juridiction panafricaine basée à Arusha, en Tanzanie, a estimé que Laurent Gbagbo « n’avait pas apporté la preuve de ses allégations », notamment sur l’atteinte à son droit de participation à la vie publique. La Cour a également écarté l’accusation de traitement inégalitaire à son encontre.
Dans un arrêt distinct, la CADHP a jugé irrecevable la plainte de Guillaume Soro, estimant qu’il n’avait pas épuisé toutes les voies de recours internes au moment de sa saisine. Condamné à 20 ans de prison en 2020 pour détournement de fonds publics, puis à la perpétuité en 2021 pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État, l’ancien chef rebelle vit toujours en exil.
Une Cour mise à distance par Abidjan
Cette décision intervient dans un contexte de désengagement progressif de la Côte d’Ivoire vis-à-vis de la Cour africaine. En avril 2020, le gouvernement ivoirien avait retiré sa déclaration de compétence à la juridiction, dénonçant des atteintes à sa souveraineté. Cette rupture a considérablement affaibli l’exécution des décisions de la CADHP, comme celles qui avaient provisoirement demandé en septembre 2020 la réintégration de Gbagbo et Soro sur les listes électorales.
La présidentielle de 2025 en ligne de mire
Avec cette nouvelle décision, la voie semble définitivement barrée pour une candidature de Laurent Gbagbo ou Guillaume Soro à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. À leurs côtés, d’autres figures de l’opposition, telles que Tidjane Thiam (en raison de litiges sur sa nationalité) et Charles Blé Goudé (condamné par la justice ivoirienne), restent elles aussi exclues du processus électoral.
Si aucun des deux camps n’a réagi officiellement jeudi soir, cette série de disqualifications pourrait attiser les crispations politiques à l’approche d’un scrutin déjà sous surveillance.
La Rédaction

