Les mariages politiques sont souvent des unions de convenance, mais parfois, le divorce arrive plus vite que prévu. Le groupe « Arab Americans for Trump », fervent soutien de l’ancien président, vient de changer de nom. Désormais, appelez-les « Arab Americans for Peace ». Pourquoi ce revirement soudain ? Parce que Donald Trump a eu une idée lumineuse : vider Gaza de ses habitants et en faire une “Côte d’Azur du Moyen-Orient”.
Il faut croire que même pour ses plus fidèles alliés arabes, transformer une zone de guerre en station balnéaire cinq étoiles, c’est un peu trop.
Trump, toujours dans l’immobilier… mais version géopolitique
Avant d’être président, Trump construisait des hôtels de luxe. Visiblement, l’envie de poser du marbre partout ne l’a jamais quitté. Devant Benyamin Netanyahou, il a donc suggéré que les États-Unis prennent le contrôle de Gaza, y expulsent ses deux millions d’habitants et y bâtissent une destination de rêve. Une vision qui pourrait faire rêver les amateurs de resorts, mais qui passe nettement moins bien auprès des Palestiniens et de leurs soutiens.
Le choc a été immédiat chez les électeurs arabes américains, qui avaient pourtant massivement soutenu Trump en novembre dernier. Beaucoup avaient voté pour lui, notamment au Michigan, afin de sanctionner les démocrates, jugés trop proches d’Israël. Certains le considéraient même comme celui qui avait permis le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à la veille de son investiture. Mais là, difficile de continuer à défendre un président qui parle de réaménagement urbain sur territoire occupé.
Nouveau nom, nouvelle ligne
Face à cette polémique XXL, Bishara Bahbah, le leader du groupe, a vite réagi : « Arab Americans for Trump » devient « Arab Americans for Peace ». Un petit lifting lexical pour prendre ses distances avec les ambitions immobilières de l’ex-président et rappeler que leur objectif initial était – officiellement – de promouvoir la paix.
Ce groupe n’était pourtant pas un simple fan-club : il avait joué un rôle clé dans la mobilisation des Arabes américains pour Trump, en organisant des réunions avec ses proches conseillers, comme Richard Grenell et Massad Boulos (qui, accessoirement, est le beau-père de Tiffany Trump). Mais visiblement, même les liens familiaux ne suffisent pas à faire avaler l’idée d’un Gaza Beach sans Palestiniens.
Trump peut-il reconquérir ces électeurs ?
En 2024, Trump avait réussi l’exploit de remporter le Michigan, bastion démocrate, en grande partie grâce au vote arabe américain. Mais cette volte-face prouve que ce soutien était bien plus fragile qu’il n’y paraissait.
Si l’ancien président espère récupérer ces électeurs, il va devoir éviter de transformer chaque crise internationale en projet d’urbanisme. Parce que, pour l’instant, entre Trump et les Arabes américains, c’est plus une démolition qu’une rénovation.
La Rédaction

