Un tabou historique levé
Pour la première fois, la Corée du Sud reconnaît sa responsabilité dans l’un des chapitres les plus sombres de son histoire contemporaine : l’envoi à l’étranger de plus de 140 000 enfants entre 1955 et 1999, souvent dans des conditions irrégulières et au mépris des droits des mères biologiques.
Des enfants sacrifiés au nom de l’homogénéité
À l’issue de la guerre de Corée, le pays était dévasté. Dans ce climat de pauvreté extrême et de stigmatisation sociale, les enfants métis nés de mères coréennes et de soldats américains furent jugés indésirables. Pour préserver une identité nationale homogène, l’État a facilité leur adoption internationale, principalement vers les États-Unis et l’Europe.
Des pratiques entachées de falsifications
Derrière la façade humanitaire, les dérives étaient nombreuses : dossiers d’identité falsifiés, consentements arrachés, mères contraintes à l’abandon, absence de suivi des enfants après leur départ. Des décennies plus tard, les adoptés devenus adultes réclament vérité et justice, dénonçant un système qui a brisé des milliers de destins.
Une reconnaissance qui change tout
La Commission nationale des droits de l’homme a récemment admis la part de responsabilité de l’État. Cette reconnaissance officielle, longtemps attendue, ouvre la voie à des excuses publiques et pourrait déboucher sur des mesures symboliques ou réparatrices. Pour de nombreux adoptés, c’est une première étape vers la reconstruction de leur identité.
Un combat encore actuel
Si cette reconnaissance est historique, les défis demeurent. La Corée du Sud reste l’un des principaux pays pourvoyeurs d’enfants à l’adoption internationale. Les associations alertent : sans soutien accru aux mères célibataires et sans changement de mentalité sur la famille « hors norme », l’histoire pourrait se répéter.
La Rédaction

