“Il est terrifiant que plus de 800 Palestiniens aient été tués alors qu’ils tentaient simplement d’obtenir de l’aide” : la déclaration commune signée par 25 États, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et le Japon, ne laisse guère de place à l’ambiguïté. Dans un texte diffusé récemment, les chefs de la diplomatie des pays signataires appellent à un arrêt immédiat des hostilités dans la bande de Gaza, dénonçant une situation humanitaire “inacceptable” et une stratégie d’aide “dangereuse” imposée par Israël.
Un bilan alarmant
Depuis la fin du mois de mai, 875 Palestiniens ont été tués alors qu’ils tentaient de se procurer de l’aide humanitaire, selon un rapport récent des Nations unies. C’est cet indicateur dramatique qui a conduit les 25 pays à hausser le ton. “Le refus du gouvernement israélien de fournir une assistance humanitaire essentielle à la population civile est inacceptable”, indique leur déclaration.
Les diplomates pointent particulièrement du doigt le modèle de distribution d’aide mis en place à Gaza, notamment la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), appuyée par les États-Unis et Israël, qu’ils jugent “dangereux”, “source d’instabilité” et “porteur d’humiliations pour les Gazaouis”.
Appels conjoints : cessez-le-feu, otages et colonies
Au-delà de la dimension humanitaire, la déclaration conjointe contient trois messages forts :
• Un appel clair à un cessez-le-feu immédiat ;
• La libération de tous les otages encore détenus par le Hamas, qualifiée de “cruelle détention” ;
• Une opposition ferme à toute modification territoriale ou démographique dans les territoires palestiniens occupés, notamment par la poursuite de la colonisation.
Ces positions visent à recentrer le débat sur les droits humains et le respect du droit international humanitaire, alors que le conflit s’enlise dans une spirale sans issue.
Israël rejette catégoriquement
En réaction, le ministère israélien des Affaires étrangères a fermement rejeté cette initiative, la qualifiant de “déconnectée de la réalité”. Selon l’État hébreu, la responsabilité de la poursuite de la guerre incombe entièrement au Hamas, accusé de bloquer tout accord sur la libération des otages et d’être le principal obstacle à un cessez-le-feu durable. “Toutes les déclarations et revendications doivent être adressées à la seule partie responsable”, insiste le communiqué israélien.
Une pression diplomatique qui monte
Alors que la guerre dans la bande de Gaza entre dans son dixième mois, cette déclaration constitue l’une des plus larges expressions de désapprobation internationale coordonnée depuis le début du conflit. Elle traduit une fatigue croissante des partenaires occidentaux et asiatiques face à l’impasse militaire et à l’aggravation de la crise humanitaire.
Reste à savoir si cette pression diplomatique croissante suffira à infléchir les positions du gouvernement israélien ou du Hamas. Pour l’heure, les lignes de front diplomatiques semblent aussi figées que celles du terrain.
La Rédaction

