La communauté internationale s’unit contre les attaques de l’Iran dans le Golfe, mais Moscou et Pékin restent divisés sur les responsabilités.
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par les frappes israélo-américaines sur l’Iran, continue de provoquer des secousses diplomatiques majeures. Mercredi, au Conseil de sécurité de l’ONU, une majorité d’États a soutenu une résolution condamnant les représailles iraniennes contre plusieurs pays alliés de Washington. Même la Russie, partenaire stratégique de Téhéran, s’est abstenue de voter contre.
Une résolution adoptée par une large majorité
Présentée par Bahreïn au nom des six pays du Golfe et de la Jordanie, la résolution a été approuvée par 13 voix pour et deux abstentions, celles de la Russie et de la Chine. Au total, 135 États membres des Nations Unies ont exprimé leur soutien. Le texte condamne « avec la plus grande fermeté » les frappes de missiles et de drones menées par l’Iran et exige leur cessation immédiate. Il met également en garde contre les menaces pesant sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, passage crucial pour le quart du pétrole mondial transporté par voie maritime.
Une guerre devenue régionale
Le conflit, initialement centré sur l’Iran, s’est rapidement étendu à la région. Depuis le 28 février, Israël et les États-Unis ont mené des frappes contre des installations militaires, nucléaires et balistiques iraniennes. La riposte de Téhéran a touché des bases et infrastructures dans plusieurs États du Golfe, considérant que les installations militaires américaines présentes sur leur sol pouvaient être des cibles légitimes. Interceptions de missiles, frappes sur des infrastructures civiles et perturbations du trafic maritime ont accentué le risque d’un conflit régional incontrôlé.
Un message politique fort
Pour Bahreïn et les États du Golfe, la résolution visait à envoyer un signal clair à Téhéran. « Les attaques de missiles et de drones constituent des violations flagrantes de la Charte des Nations Unies et du droit international », a affirmé l’ambassadeur bahreïni. Washington et Paris ont salué le texte comme un isolement croissant de l’Iran et une mise en garde face à l’extension du conflit. La France a notamment dénoncé « une responsabilité majeure » de Téhéran et souligné l’impact sur la liberté de circulation maritime.
Moscou et Pékin dénoncent un traitement biaisé
La Russie et la Chine ont choisi l’abstention, estimant que la résolution occulte l’élément déclencheur du conflit : les frappes israélo-américaines sur l’Iran. Moscou a même proposé un texte alternatif demandant la cessation immédiate des hostilités et le retour à la négociation, rejeté par le Conseil de sécurité. L’Iran a vivement dénoncé la résolution, la qualifiant de « biaisée et politisée », tout en revendiquant son droit à la légitime défense contre les frappes initiales.
Une diplomatie sous tension
Le vote illustre la complexité de la diplomatie autour de la guerre en Iran. Une large coalition s’oppose aux attaques iraniennes, mais les divisions entre grandes puissances persistent. En moins de deux semaines, le conflit s’est transformé en crise régionale majeure, et le Conseil de sécurité tente désormais de contenir ses répercussions diplomatiques. Le Liban, touché par l’escalade entre Israël et le Hezbollah, apparaît comme un théâtre supplémentaire de tension, menaçant un État déjà fragilisé par des crises économiques et politiques.
La Rédaction

