Le procès très attendu de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo Valentin, initialement prévu pour la fin juillet 2025, a été officiellement reporté au mois de novembre. Selon le procureur général près la cour d’appel judiciaire de Libreville, Eddy Minang, les audiences auront lieu du 10 au 14 novembre dans la capitale gabonaise. Un délai justifié par le souhait de garantir un procès « équitable », en particulier en permettant aux avocats actuellement en congés ou résidant à l’étranger d’y participer pleinement.
Mais derrière ce report, c’est une atmosphère de crispation grandissante entre l’ancienne famille présidentielle et les nouvelles autorités gabonaises qui se profile.
Vidéos clandestines et tensions croissantes
Le climat s’est sensiblement tendu depuis la diffusion, lundi, de vidéos tournées en caméra cachée par Noureddin Bongo pendant sa détention. L’une d’elles révèle une conversation avec le juge d’instruction qui laisse entendre que des pressions auraient été exercées par des militaires pour faire condamner l’ancienne Première dame et son fils. Cette séquence, explosive, a ravivé les accusations d’acharnement politique formulées par la famille Bongo.
Réfugiés à Londres après leur libération provisoire, Sylvia et Noureddin Bongo n’ont pas tardé à réagir. Sylvia Bongo dénonce depuis l’étranger « une mise en scène » et « un chantage judiciaire ».
Opérations policières et convocations ciblées
Mardi, la pression est montée d’un cran avec l’arrestation, à Libreville, du neveu et du beau-frère de Sylvia Bongo. Selon le parquet, ils ont été interpellés par des agents des services spéciaux et de la lutte antidrogue pour détention présumée de drogue, d’armes à feu, de devises étrangères et de défenses d’ivoire. Des accusations graves qui alimentent les soupçons d’une offensive ciblée contre l’entourage proche de l’ancienne Première dame.
Dans la même journée, des hommes en civil ont également déposé une convocation au cabinet de maître Gisèle Eyue Bekalé, l’avocate de Sylvia Bongo. Celle-ci est attendue ce mercredi à la direction générale des recherches, sans que les motifs de cette convocation n’aient été précisés.
Une affaire judiciaire à haute charge politique
Cette série d’événements tend à confirmer que l’affaire Bongo dépasse largement le strict cadre judiciaire. À quelques mois du procès, Libreville semble vouloir affirmer son autorité face à une famille qui refuse de se taire. Les vidéos divulguées par Noureddin et les réactions en chaîne qu’elles ont provoquées redonnent une dimension hautement politique à cette affaire, qui continue de diviser l’opinion au Gabon.
La Rédaction

