Alors que la Libye demeure plongée dans un climat politique instable, la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) dénonce une vague d’arrestations arbitraires visant notamment des magistrats et des avocats. Ces interpellations, accompagnées de mauvais traitements et d’aveux forcés diffusés publiquement, instaurent un climat de peur dans le pays.
Des aveux forcés et une justice sous pression
Dans un communiqué publié récemment, la Manul s’inquiète de la manière dont les autorités exploitent leur pouvoir pour cibler des individus sur la base de leurs affiliations politiques présumées. Cette répression, qui affecte particulièrement le milieu judiciaire, porte atteinte à l’indépendance de la justice et à l’état de droit. L’ONU dénonce notamment la pratique d’« aveux filmés », où des détenus sont contraints de reconnaître publiquement des crimes qu’ils n’ont peut-être pas commis. Ces vidéos, largement diffusées en ligne, sont utilisées comme un instrument d’intimidation et d’humiliation.
L’appel de l’ONU à la libération des détenus
Face à ces violations des droits fondamentaux, la Manul réclame la libération immédiate des personnes arrêtées et la poursuite en justice des responsables de ces pratiques. Selon l’ONU, ces actes contribuent à réduire l’espace civique et à fragiliser encore davantage un pays déjà marqué par les tensions entre deux gouvernements rivaux. Parmi les cas cités, celui du juge Ali al-Charif, arrêté à Tripoli le 10 mars, illustre la brutalité de ces détentions.
Alors que la Libye peine à retrouver une stabilité politique, ces dérives sécuritaires risquent d’aggraver encore davantage les divisions et d’éloigner toute perspective de réconciliation nationale.
La Rédaction

