Le Gabon a entamé une opération de recensement de ses agents publics, visant à éradiquer le phénomène des “fonctionnaires fantômes” – ces agents inscrits mais absents qui perçoivent encore leurs salaires. En effet, une récente enquête financière a révélé la présence de 13 000 fonctionnaires dans cette situation. Depuis la publication de ce chiffre en septembre sur les réseaux officiels, un tri supplémentaire a permis de réduire ce nombre à 9 000, en retirant les personnes décédées, retraitées ou radiées.
Les autorités gabonaises ont donc lancé des convocations pour exiger une présence physique des agents concernés. Certains fonctionnaires, identifiés comme ayant quitté le pays pour une nouvelle vie tout en continuant à toucher leur salaire, pourraient ainsi perdre leur statut. Le lieutenant-colonel Ossiba, membre de la Task Force Territoire de la Solde, a précisé que les agents qui ne se présentent pas ou qui ne peuvent justifier leurs absences risquent de lourdes sanctions, allant de la suspension à la radiation.
Sous l’ancien président Ali Bongo, des tentatives similaires de contrôle avaient été menées, mais les décisions n’étaient souvent pas appliquées jusqu’au bout. Aujourd’hui, le gouvernement de transition semble plus déterminé à assainir les finances publiques.
Avec une fonction publique comptant 109 267 agents pour 2,4 millions d’habitants, la masse salariale de l’État a grimpé à 771 milliards de FCFA dans le dernier budget. Le cas du Gabon pourrait bien inspirer d’autres pays africains, confrontés à des défis similaires en matière de gestion des ressources humaines.
La Rédaction

