La campagne pour l’élection présidentielle du 12 avril au Gabon entre dans sa dernière ligne droite. Brice Clotaire Oligui Nguema, actuel président de la Transition et auteur du coup d’État qui a renversé plus de 50 ans de pouvoir Bongo, a choisi la province du Woleu-Ntem, au nord du pays, pour clore sa tournée. Cette région, d’où sont originaires ses parents, a été le théâtre d’un meeting vibrant, marquée par des promesses de développement. L’enthousiasme des partisans d’Oligui Nguema est palpable, notamment à Bitam, où des banderoles et des slogans en faveur du candidat sont omniprésents. Son discours a mis en avant des projets d’infrastructures modernes et de développement durable, dont la construction d’un immeuble de cinq étages à Bitam.
L’ancien putschiste, surnommé le “bâtisseur du Gabon”, a ensuite poursuivi sa campagne vers Mitzic, avant de conclure à Oyem, sa ville natale. En dépit d’une ferveur populaire manifeste, des questions subsistent sur la transparence du scrutin. Les scepticismes abondent, notamment parmi les observateurs locaux et internationaux, qui soulignent la persistance d’un système politique controversé, en partie hérité de l’ère Bongo.
Dans ce contexte, plusieurs missions d’observation internationales sont arrivées à Libreville pour superviser les élections. Parmi elles figurent la mission du Commonwealth, dirigée par l’ex-président des Seychelles Danny Faure, ainsi que celles de l’Union africaine et de la Francophonie. La société civile locale, représentée par des organisations comme le Redhac, s’implique également dans le processus, malgré des doutes persistants sur la capacité de la transition à instaurer une véritable rupture avec le passé.
L’Union européenne, quant à elle, a choisi de ne pas envoyer de mission d’observation en raison de différends avec le gouvernement gabonais, mais continue de soutenir les initiatives locales.
La Rédaction

