Les habitants quittent leur région par crainte de violences, alors que les forces fédérales et tigréennes se positionnent à nouveau aux frontières du nord du pays.
À Mekelle, la capitale du Tigré, la population vit sous le spectre d’une reprise des hostilités. De nombreux jeunes et familles choisissent de quitter la région, anticipant un retour de la violence après les cicatrices laissées par la précédente guerre.
Les forces fédérales et les milices tigréennes se concentrent de nouveau le long des frontières nord, renforçant l’inquiétude des habitants. Pour beaucoup, la peur est alimentée par les souvenirs encore vivaces des combats passés.
« Nous avons profondément souffert lors du dernier conflit. La paix que nous avions connue nous manque cruellement. Aujourd’hui, nous n’avons besoin que de sécurité et de stabilité, pas d’un nouveau cycle de violences », confie Darge Meressa, agriculteur à Mekelle.
Pour certaines familles, ces souvenirs sont associés à des traumatismes personnels. Mahlet Terefe, commerçante, se rappelle : « Lors de la dernière guerre, j’étais enceinte et j’ai dû fuir pour accoucher dans un autre village. Nous pensions que ces souffrances étaient derrière nous, mais la peur revient aujourd’hui et nous terrifie. »
La situation économique aggrave encore l’incertitude. La pénurie de produits de première nécessité, la suspension des subventions, les salaires impayés des fonctionnaires et le manque de liquidités dans les banques rendent le quotidien difficile et incitent de plus en plus de familles à abandonner leurs biens pour chercher refuge ailleurs.
Berhan Adhana, vendeuse d’épices, résume la détresse des habitants : « Beaucoup de jeunes ont perdu la vie pendant le conflit précédent. Ceux qui restent craignent pour leur avenir et celui de leurs enfants. Si les combats reprennent, nous risquons tous de disparaître. Nous voulons simplement la paix, l’unité et la réconciliation pour la génération à venir. »
Pour l’instant, les autorités fédérales et les dirigeants tigréens se rejettent mutuellement la responsabilité de la montée des tensions, laissant la population dans l’incertitude. L’exode actuel illustre la fragilité persistante de la région et le besoin urgent de mesures de prévention et de dialogue pour éviter un nouveau cycle de violence.
La Rédaction

