Le poisson consommé au Togo reste encore largement soutenu par les importations. Face à cette dépendance, le pays cherche désormais à reprendre une plus grande part de son propre marché en renforçant la production locale, l’aquaculture, la transformation et la commercialisation. D’ici à 2028, un plan d’investissement de 20,04 milliards de FCFA doit accompagner ce changement d’échelle.
L’objectif fixé est d’augmenter de 25 % la production halieutique nationale afin de mieux couvrir les besoins du pays. Le programme ne porte toutefois pas uniquement sur les volumes. Il prévoit également de renforcer les capacités techniques des acteurs, la recherche, l’organisation de la filière ainsi que les conditions de transformation et de mise en marché.
Cette stratégie intervient alors que la production locale a récemment enregistré une progression importante. En 2025, elle a atteint 36 250 tonnes, contre 23 776 tonnes un an plus tôt. Pour 2026, les prévisions officielles avoisinent toutefois 34 000 tonnes, signe que la dynamique reste fragile et que le marché intérieur continue de dépendre fortement des approvisionnements extérieurs.
Produire localement pour reprendre des parts de marché
Le défi dépasse donc la seule question de la pêche. Pour réduire durablement les importations, le Togo devra surtout développer une offre locale capable d’être disponible régulièrement, en quantité suffisante et à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat des ménages.
L’aquaculture occupe à ce titre une place stratégique. Elle permet d’accroître la production sans faire reposer tout l’effort sur les ressources naturelles, dont la préservation impose déjà des périodes de repos biologique.
Mais produire davantage ne suffira pas si le poisson local arrive difficilement jusqu’au consommateur. Conservation, chaîne du froid, transformation, transport et accès aux marchés deviennent également déterminants. C’est sur l’ensemble de cette chaîne que la filière devra gagner en compétitivité.
Transformer la hausse de production en valeur locale
L’enjeu est aussi économique. Chaque tonne produite, transformée et commercialisée localement représente une part de marché susceptible de rester entre les mains des pêcheurs, pisciculteurs, transformatrices et distributeurs togolais plutôt que d’être captée par les importations.
Le plan 2024-2028 entend précisément améliorer les conditions de production, de transformation et de commercialisation afin de renforcer la contribution de la filière aux besoins nationaux.
La reconquête du marché intérieur ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de tonnes sorties des bassins ou des filets. Elle dépendra de la capacité à offrir durablement au consommateur un poisson local disponible, sûr et compétitif.
À l’horizon 2028, le véritable indicateur sera là : non seulement produire davantage, mais faire en sorte qu’une part croissante du poisson présent dans les assiettes togolaises provienne réellement de la filière nationale.
La Rédaction

