Le Congrès américain intensifie sa pression sur l’exécutif pour que des mesures plus fermes soient prises contre les Forces de soutien rapide (RSF) au Soudan, alors que le président Donald Trump se prépare à entrer en fonction. La Chambre des représentants devrait voter, ce 20 novembre, une résolution dénonçant les « atrocités, y compris celles assimilables à un génocide », commises par les RSF et leurs milices alliées contre la population massalit et d’autres groupes ethniques non arabes dans le Darfour. Cette initiative est portée par le républicain John James, président de la commission des affaires étrangères sur l’Afrique.
Dans un mouvement parallèle, un groupe bipartisan de sénateurs a proposé un projet de loi qui obligerait le secrétaire d’État à déterminer si les actions des forces armées soudanaises, des RSF et de leurs alliés constituent un génocide, des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité. Ce texte, soutenu par le démocrate Chris Coons et le républicain Jim Risch, prend une dimension accrue à la suite des élections de novembre, qui ont permis aux républicains de prendre le contrôle de la commission sénatoriale des relations étrangères dès janvier.
Chris Coons a souligné que cette situation méritait une attention plus urgente de la part du Congrès, en pleine crise diplomatique au Soudan. L’administration Biden tente de relancer les négociations de paix, avec l’envoi de l’envoyé spécial américain, Tom Perriello, qui s’est rendu au Soudan le 18 novembre pour rencontrer le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée et dirigeant du pays. L’objectif était d’établir une « feuille de route pour la fin des combats et le passage de l’aide humanitaire ». Le Département d’État a précisé que les discussions portaient également sur l’accès humanitaire sans entrave et sur l’engagement en faveur d’un gouvernement civil.
En décembre 2023, le secrétaire d’État Antony Blinken avait déjà dénoncé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les RSF et leurs alliés, tout en évitant d’identifier ces actes comme un génocide. Un terme que les États-Unis avaient utilisé pour qualifier les atrocités contre les Rohingyas en Birmanie en 2022.
Selon Simon Billenness, directeur de l’organisation No Business With Genocide, cette démarche législative pourrait forcer l’administration américaine à prendre position officiellement et à reconnaître le génocide. Cela renforcerait la pression pour que des actions concrètes soient entreprises pour empêcher de nouvelles atrocités et engager la responsabilité des auteurs devant la justice internationale.
Les États-Unis, en tant que signataires de la Convention pour la prévention et la répression du génocide, ont la responsabilité de prendre des mesures pour stopper les violences et soutenir les efforts visant à poursuivre les responsables. Ce projet de loi place également une pression sur les acteurs étrangers impliqués, notamment les Émirats arabes unis, qui soutiennent les RSF. Le texte demande au secrétaire d’État de produire un rapport détaillant les violations des droits humains au Soudan, en mettant en lumière l’implication de pays comme la Chine, l’Iran, la Russie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette pression pourrait inciter les Émirats à revoir leur soutien aux RSF et à jouer un rôle plus constructif dans la résolution du conflit.
La Rédaction

