Le Togo envisage de relier son principal port à la Plateforme industrielle d’Adétikopé par une infrastructure gazière, accompagnée d’une centrale électrique de 500 mégawatts. Derrière ce projet se dessine une ambition plus large : sécuriser l’approvisionnement énergétique des industries, renforcer la production nationale d’électricité et faire du gaz naturel un levier de compétitivité économique. Une transformation envisagée à l’horizon 2031.
L’accès à une énergie fiable et compétitive reste l’un des facteurs déterminants de l’industrialisation. Pour les entreprises, les interruptions d’approvisionnement et les coûts énergétiques peuvent peser sur la production, les investissements et la capacité à concurrencer les produits importés.
C’est dans cette perspective que le ministère togolais de l’Énergie a annoncé, vendredi 16 octobre, un projet de mini-gazoduc reliant le Port autonome de Lomé (PAL) à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), située à une trentaine de kilomètres de la capitale. Cette infrastructure s’inscrirait dans un ensemble comprenant également une centrale électrique fonctionnant au gaz naturel et des installations de réception et de stockage du combustible.
Une nouvelle infrastructure pour soutenir l’industrie
Le mini-gazoduc aurait pour fonction d’acheminer le gaz vers la zone industrielle d’Adétikopé, où une centrale électrique d’une capacité annoncée de 500 MW est également envisagée.
L’intérêt d’un tel dispositif réside dans la possibilité de rapprocher l’approvisionnement énergétique des besoins industriels. Pour les entreprises installées sur la plateforme ou susceptibles de s’y implanter, la disponibilité d’une énergie régulière constitue un élément important dans les décisions d’investissement.
Une centrale de cette puissance représenterait également un équipement majeur pour le système électrique togolais. Toutefois, sa contribution effective dépendrait de son financement, de son calendrier de réalisation, des conditions d’approvisionnement en gaz et de son raccordement au réseau.
Près de la zone portuaire, un terminal destiné à recevoir et stocker du gaz naturel liquéfié (GNL) est également à l’étude. L’ensemble formerait une chaîne énergétique reliant les importations maritimes aux besoins de production électrique et industrielle.
Une stratégie inscrite dans un marché régional du gaz
Ces projets relèvent du programme PRIME-GAS, qui associe le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire, avec un financement annoncé de 140 millions de dollars de la Banque mondiale, soit environ 79 milliards de FCFA à titre indicatif.
Le programme vise à améliorer la fiabilité et le coût de l’approvisionnement gazier en favorisant une organisation régionale des importations. Il prévoit notamment un appui à des installations flottantes de réception et de regazéification en Côte d’Ivoire, ainsi que le développement de flux de GNL à plus petite échelle vers le Togo et le Bénin.
Cette approche cherche à dépasser les limites de marchés nationaux pris isolément. En mutualisant certaines infrastructures et en coordonnant les approvisionnements, les pays participants pourraient bénéficier de meilleures conditions logistiques et commerciales.
Le défi du coût et de la sécurité énergétique
Pour le Togo, l’enjeu dépasse la construction d’un gazoduc ou d’une centrale. Il concerne la capacité à garantir aux industries une énergie suffisamment disponible et abordable pour soutenir la transformation locale, l’emploi et les exportations.
Le gaz naturel pourrait contribuer à diversifier les sources de production électrique et à renforcer la stabilité de l’approvisionnement. Il demeure cependant une énergie fossile, dont les coûts et la disponibilité restent exposés aux fluctuations des marchés internationaux.
La réussite du projet dépendra donc de plusieurs paramètres : les investissements nécessaires, les tarifs finalement proposés aux utilisateurs, la sécurité des livraisons et l’articulation avec les autres sources d’énergie du pays.
L’horizon 2031 annoncé pour sa mise en service laisse entrevoir un chantier de longue durée. D’ici là, le véritable indicateur de réussite ne sera pas seulement la capacité électrique installée, mais la possibilité de transformer cette nouvelle infrastructure en un avantage industriel durable pour le Togo.
La Rédaction

