Un dispositif inédit pour protéger les cultures, les troupeaux… et la paix sociale
Le Togo renforce son dispositif de prévention des conflits liés à la transhumance. Pour faire face aux tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, le gouvernement a mis en place un centre d’appels accessible via le numéro vert 8424. Ce service, gratuit et disponible 24h/24, permet de signaler rapidement tout incident ou risque de conflit dans les zones agropastorales.
Une réponse rapide pour désamorcer les tensions
Selon le Général de Brigade Yark Damehame, ministre chargé de la réglementation de la transhumance, ce dispositif est essentiel pour éviter que les malentendus ne dégénèrent. « Lorsque l’alerte est vite donnée, l’intervention est rapide. En signalant les problèmes tôt, on peut intervenir avant que la situation ne devienne dramatique », a-t-il déclaré.
La mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de cohabitation pacifique entre les communautés rurales. En effet, les déplacements saisonniers des troupeaux – bien qu’interdits à l’échelle transfrontalière depuis la pandémie de COVID-19 – continuent localement. Et ces mouvements, souvent vitaux pour les éleveurs à la recherche de pâturages, sont parfois mal vécus par les agriculteurs qui craignent pour leurs cultures.
Une chaîne de veille déjà existante
Outre ce centre d’appels basé à Lomé, le Togo dispose déjà d’un comité national de transhumance, ainsi que de comités préfectoraux et cantonaux. Ces structures suivent de près les flux pastoraux et tentent d’apporter des réponses ciblées aux incidents signalés. Mais les autorités ont voulu aller plus loin en misant sur la rapidité de l’information et la réactivité des équipes locales.
Une question de survie… et de cohésion
Chaque année, des altercations opposent des agriculteurs à des bouviers, souvent autour de champs dévastés par des troupeaux en divagation. Parfois, ces conflits dégénèrent en violences graves, voire en drames humains. « Il arrive parfois qu’on assiste à des blessures graves, voire à la mort d’homme, alors qu’il ne devrait pas y en avoir », alerte le ministre.
Pour lui, la solution passe par le dialogue, la médiation, mais surtout la reconnaissance de l’interdépendance entre ces deux acteurs du monde rural. « L’agriculteur a besoin de l’éleveur, tout comme l’éleveur a besoin de l’agriculteur », rappelle-t-il.
Avec le numéro vert 8424, le Togo espère franchir un cap dans la gestion pacifique de la transhumance et préserver l’harmonie entre les communautés rurales.
La Rédaction

