Le Togo s’installe au cœur de la gouvernance juridique régionale. Pour l’année à venir, le pays assure la présidence tournante du Conseil des ministres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), une institution clé dans la structuration du climat des affaires sur le continent.
Cette transition s’est opérée à l’issue de la 60ᵉ session ministérielle tenue à N’Djamena, au Tchad. En succédant à ce dernier, Lomé hérite d’un rôle stratégique : orienter les priorités de l’organisation et piloter les réformes destinées à consolider la sécurité juridique dans l’espace OHADA.
La charge revient au ministre togolais de la Justice et des Droits humains, Pacôme Yawovi Adjourouvi, désormais président du Conseil des ministres de l’organisation. Pour les autorités togolaises, cette responsabilité symbolise une reconnaissance du positionnement du pays dans la modernisation de la gouvernance juridique et économique en Afrique. Le Togo entend utiliser ce mandat pour promouvoir un environnement d’affaires plus lisible, plus stable et plus compétitif pour les investisseurs locaux et internationaux.

Créée en 1993, l’OHADA s’est donnée pour mission d’unifier le droit des affaires dans ses États membres afin de réduire l’insécurité juridique, souvent perçue comme un frein majeur à l’investissement. Aujourd’hui, l’organisation rassemble 17 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, autour d’un corpus commun de règles directement applicables dans chaque État.
Depuis plus de trente ans, l’institution a bâti une architecture juridique structurante : droit commercial général, sociétés et groupements d’intérêt économique, sûretés, procédures collectives, arbitrage, comptabilité ou encore règlement des litiges. Ces Actes uniformes permettent aux opérateurs économiques d’évoluer dans un cadre harmonisé, quel que soit le pays membre concerné.
Les travaux de la dernière session ont mis l’accent sur l’approfondissement de l’intégration juridique et sur la capacité du droit à accompagner le développement économique africain. Pour le Togo, cette présidence représente donc plus qu’un symbole : elle offre une tribune pour influencer les réformes régionales et renforcer la crédibilité du continent auprès des marchés.
En prenant la tête du Conseil des ministres de l’OHADA, Lomé confirme son ambition de s’imposer comme un acteur moteur dans la construction d’un espace africain des affaires plus sûr, plus attractif et plus cohérent.
La Rédaction

