À Dakar, dimanche 20 juillet 2025, un front citoyen s’est levé contre une menace encore invisible mais déjà redoutée : l’exploitation minière des grands fonds marins. Réunis autour de projections, débats et actions symboliques, des militants ont lancé un appel clair aux autorités sénégalaises : ne laissez pas les océans devenir des zones de sacrifice au nom de la transition énergétique.
Dans le viseur : les métaux rares — nickel, manganèse, cobalt — que convoitent les industries technologiques pour alimenter la révolution verte. Ces ressources dorment dans les abysses, là où la lumière ne pénètre plus, là où les connaissances scientifiques restent parcellaires.
Prévenir l’irréversible
« On ne veut pas attendre que les dégâts soient faits », affirme la Gambienne Yandeh Sallah Muhammed, spécialiste de la protection marine. Elle insiste : les grands fonds sont l’un des derniers territoires quasi vierges du globe, et les perturber reviendrait à déclencher une réaction en chaîne encore mal mesurée.
Le Sénégal, à ce jour, n’a encore autorisé aucune activité minière en haute mer. Mais ailleurs, une dizaine de pays ont déjà lancé des campagnes d’exploration. Pour les militants, l’inaction politique équivaut à un feu vert silencieux.
Une pression citoyenne face aux négociations internationales
Ce rassemblement à Dakar coïncide avec une mobilisation internationale touchant 27 pays. Tous les regards sont tournés vers la Jamaïque, où l’Autorité internationale des fonds marins discute d’un cadre de régulation — ou d’autorisation — de l’exploitation industrielle.
Babacar Thiaw, président de la Surfrider Foundation Sénégal, ne mâche pas ses mots : « On veut montrer qu’on est attentifs. Le gouvernement doit comprendre que cette décision ne se prendra pas sans la société civile. La pêche fait vivre plus d’un million de personnes ici. Ce n’est pas négociable. »
Un océan, un avenir commun
Le message des manifestants est clair : les océans ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Ce qui est détruit au large du Japon, du Chili ou des Comores impactera aussi les côtes sénégalaises. L’océan est un tout, et il est déjà en souffrance.
La Rédaction

